En rééditant les lampadaires de Jean-Pierre Garrault et Henri Delord, l’entreprise Tacchini inscrit son histoire dans celle d’un design européen du XXe siècle, aujourd’hui prolongé jusque dans l’univers grand public de Monoprix.
Texte Aurélien Jeauneau / Photo DR
Jean-Pierre Garrault (1946-2017) développe dès le milieu des années 1960 une œuvre marquée par la modernité de son temps, une certaine clarté dans le dessin et une attention constante portée à l’usage. Architecte d’intérieur de formation, il conçoit l’objet comme un outil durable, pensé pour s’inscrire dans le quotidien des Français. La lumière, comme la couleur, occupe une place centrale dans son travail, envisagée comme un élément structurant de l’espace.
La réédition de plusieurs de ses lampes par l’éditeur italien Tacchini file l’histoire et la philosophie de cette société fondée en 1967. Depuis plusieurs décennies, Tacchini construit un catalogue où s’entremêlent création contemporaine et réactivation de pièces majeures du design italien, choisies pour leur justesse formelle et leur pertinence hors-temps. Les lampes de Garrault et Delord font partie des rares pièces françaises représentées !
C’est dans le cadre de l’agence Garrault & Delord que les deux créateurs ont développé, sur moins de dix ans, une approche rationnelle du design et sa réalité industrielle. La lampe « sol-plafond » est éditée de 1969 à 1971 par Chabrières en France. Parallèlement, Jean-Pierre Garrault développe avec sa femme, Maryvonne Garrault, toute une recherche textile et chromatique, donnant un réel sens artistique à l’ensemble de leurs productions.
Cette attention à la diffusion du design explique la cohérence de ses projets plus populaires, notamment ceux développés pour Prisunic, aujourd’hui célébrés par Monoprix dans ses collections maison. Créateurs assidus avec Maryvonne pour l’enseigne dans les années 1970 et jusqu’à dernièrement, Garrault démontre qu’un design exigeant peut s’adresser au plus grand nombre. Prisunic devient ainsi un terrain d’expression complémentaire, où le design de qualité quitte le champ de l’édition confidentielle pour entrer dans l’usage quotidien.
En seconde main
Sur le marché de la seconde main, les lampes et objets d’époque de Jean-Pierre Garrault conservent toute leur pertinence, mais les prix s’envolent : il faut compter entre 15 000 et 20 000 euros le lampadaire conçu avec Henri Delord ! Les lampes à poser sont collectionnées, mais les assises sont plus abordables. Attention toutefois à l’état des chromes d’époque, qui sont de mauvaise qualité. Les anciennes collections Monoprix sont parfois disponibles sur Leboncoin, on ouvre l’œil !
Article paru dans le numéro 186 de RD – Résidences Décoration.




