Alain Ellouz, sculpteur de lumière et artiste visionnaire

Sculpteur autodidacte et entrepreneur visionnaire, Alain Ellouz a imposé l’albâtre sur la scène du design contemporain. Retour sur un parcours guidé par l’intuition, la lumière et le goût du défi.

Texte Anne-Louise Sevaux

Autodidacte et passionné

Si on le présente aujourd’hui comme un génie de l’albâtre, Alain Ellouz a pourtant découvert la sculpture assez tard, presque par hasard. C’est en 1997, sur son lieu de vacances, où étaient proposés des ateliers… de sculpture, qu’il rencontre la pierre. « J’y passais mes journées », se souvient-il. « C’était de la sculpture en taille directe. C’est une pratique très constructive, presque philosophique. On ne peut pas revenir en arrière. C’est comme la vie : ce qui est fait est fait. » Il avait alors une quarantaine d’années et sa vie, justement, allait profondément changer, même s’il ne le savait pas encore.

La sculpture a peu à peu pris une place centrale dans son quotidien et dans sa philosophie. « Je travaillais sur ce que j’aime le plus : l’inconnu. Je cherchais à découvrir ce qui allait surgir de la pierre. Si l’on a une idée trop précise de ce qui va advenir, on passe à côté de sa vie. En cela, la sculpture est une véritable école de la vie. »

Alain Ellouz découvre l’albâtre en 1995. Une rencontre qui bouleversera son œuvre, sa vie. Il offrira à cette pierre, jusqu’alors méconnue, souvent méprisée, toute sa dimension design et contemporaine. © DR

Entrepreneur et novateur

En 2000, il vend alors son entreprise d’informatique à succès et opère un virage radical en reprenant le Domaine du Montcel, ancienne Fondation Cartier pour l’art contemporain. Il s’attelle à transformer le lieu en centre événementiel et artistique. Mais le projet ne se déroule pas comme prévu. « C’était un moment clé pour moi, j’ai perdu tout ce que j’étais en train de construire. Et en sculptant, je me suis demandé ce que j’allais pouvoir faire, jusqu’à ce que je décide de me consacrer pleinement à ma passion. »

Sculpteur, il l’est alors devenu et entrepreneur, il l’est resté, avec ce goût du défi et cette volonté constante d’innover. Il lance ainsi ce qu’il nomme lui-même sa « dernière entreprise » à 50 ans. « Je voulais travailler l’albâtre. On partait de rien, avec rien. Ce n’était pas gagné. » Mais il n’y a pas de projet sans obstacles, et Alain Ellouz était déterminé à les surmonter : « S’il n’y a pas de difficultés, je n’y vais pas. Si c’est facile, tout le monde le fera. J’aime les choses complexes. Les problèmes imposent des solutions et offrent des opportunités. » Et des problèmes, l’albâtre en connaît quelques-uns…

Génie et révélateur de l’albâtre

Cette pierre particulièrement fragile n’avait que peu de valeur dans les années 2000. « Personne n’en voulait, elle servait à faire du plâtre ou des souvenirs bas de gamme », résume Alain Ellouz. Lui décèle dans cette mal-aimée du potentiel, de la poésie et des opportunités. « Pendant deux ans, avec mon équipe, nous nous sommes attelés à renforcer l’albâtre, pour en faire une pierre à la fois tendre et résistante. »

C’est ensuite en éclairant la pierre, là encore par hasard, qu’il en découvre toute sa richesse, son histoire et ses subtilités. De cette rencontre entre la pierre et la lumière naîtront les mille et un projets d’Alain Ellouz Paris, dont certains sont aujourd’hui devenus iconiques, comme le spectaculaire Infinity, l’onirique Luna ou l’envoûtant Oslo. Autant de créations fondatrices qui en appellent d’autres pour cet artiste-entrepreneur, passionné et créatif, toujours porté par de nouvelles intuitions et cette volonté constante de transformer la matière en innovation.

Suspendus par des filins gainés de cuir, les lustres de la collection Infinity sont devenus emblématiques. © DR
Par leur simplicité élégante, les anneaux en albâtre poli par la lumière de la collection Oslo semblent en lévitation. © DR

Extra.ordinary designs

Avec la collection Extra.ordinary designs, Alain Ellouz a imaginé des pièces inédites et fonctionnelles, où la lumière s’ancre au cœur de la matière. Des créations artistiques, mais « que l’on puisse s’approprier au quotidien ». Ainsi sont nés le canapé Fusion, à mi-chemin entre mobilier et sculpture lumineuse, ou encore le tapis Echo, qui évoque la plage et ses galets polis par le temps. Des œuvres hybrides, lumineuses et poétiques, qui redéfinissent les frontières entre art et design. D’autres créations prometteuses sont à venir, autant de nouvelles rencontres entre matière et lumière. 

Entre art, mobilier et design, le canapé Fusion, issu de la collection Extra.ordinary design, joue avec les frontières. 

Les six dates clés d’Alain Ellouz

2006 : Alain Ellouz crée son entreprise et offre à l’albâtre une identité contemporaine. 

2008 : Premiers projets d’envergure à l’international.

2018 : Création de la filiale Atelier Alain Ellouz USA et ouverture du showroom de Soho à New York. 

2019 : La collection Infinity reçoit le premier prix aux New York Design Awards.  

2022 : Création de la Fondation Alain Ellouz pour l’albâtre, visant à promouvoir l’albâtre sur la scène artistique internationale.

Janvier 2026 : Célébration des 20 ans de la maison Alain Ellouz au Grand Rex à Paris.

Article paru dans le numéro 187 de RD – Résidences Décoration.

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