A Paris l’art sublime la deco

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Chez Nitsa Benchetrit et Julien Lombrail, cofondateur de la Carpenters workshop gallery, étonnement et convivialité vont de pair. Les meubles sont des sculptures fonctionnelles régulièrement renouvelées pour le plus grand plaisir de leurs amis et de leurs deux enfants.

[dropcap size=small]A[/dropcap]vant d’emménager dans ce cent trente-cinq mètres carrés acheté il y a plus de trois ans dans le quartier du Marais, Julien et Nitsa l’ont entièrement remis à neuf, tout en ouvrant quelques volumes sans oublier de conserver les cheminées en marbre, le parquet et les moulures haussmanniennes qui rythment plafonds et soubassements. Un écrin conforme à leur mode de vie et goûts, qui mixe espaces fluides, objets chinés et œuvres d’art. « On a gardé les poutrelles, clin d’œil au loft new-yorkais, et cassé le mur de la cuisine pour l’agrandir afin d’y intégrer une grande table et pouvoir cuisiner, tout en profitant de nos amis, raconte Julien. On a même supprimé les placards existants. Du coup, on a mis la vaisselle sur des étagères industrielles, les marmites au mur tout comme la ribambelle de couteaux aimantés. C’est très pratique », s’amuse Nitsa, maman pour la seconde fois depuis juillet dernier.

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Après avoir chiné des carreaux de ciment pour le sol de la salle de bains, seule démarcation entre la chambre parentale et la pièce d’eau, ils ont trouvé sur l’Internet une baignoire à pattes de lion chez un Anglais de la Mayenne, Eliot Marsden. « On l’a fait emmailler à la fois à l’intérieur et à l’extérieur comme une coquille d’œuf. C’est rien et ça change tout, je n’aime pas trop le côté vintage pour une salle de bains. Avec des petits moyens cela fait beaucoup d’effet », précise lemaître des lieux. Rien d’ostentatoire et pourtant… L’amateur qui a la chance d’entrer dans cet appartement repère vite les pièces majeures. Autour d’un sofa chiné aux Puces, retapissé en blanc, trône un fauteuil en cuir de Robert Stadler, un miroir « Océan » des frères Campana, ou encore un surpre-nant lustre de l’Autrichien Franz West. Sur la cheminée, la sinueuse lampe en bronze de Frederik Mo-lenschot, fait face à l’aérienne sculpture lumineuse de Gordijn et Nauta dont les fleurs de pissenlit semblent prêtes à être « soufflées ». On est là au cœur de la philosophie qui anime les deux fondateurs des Carpenters Workshop Gallery. Créé à Londres en 2005 avec Loïc Le Gaillard, leur premier espace s’est rapidement enrichi d’une seconde adresse dans la capitale anglaise pour ensuite s’offrir une belle galerie à Paris dont l’important volume permet de présenter des pièces qui effacent les frontièresentre art et design. Certaines, à l’instar des lustres de Random International, combinent recherches esthétiques et technologiques, tandis que d’autres, comme celles de la maman de Julien, Ingrid Donat, pygmalion de la galerie, évoquent des techniques ancestrales façon Giacometti. Ici, on se laisseporter par ses coups de cœur en prenant soin de ne pas trop s’attacher car tout est à vendre!

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Générations retrouvées

A quelques pas de l’hôtel Prince de Galles, dans l’un de ces beaux immeubles haussmanniens en pierre de taille qui signent l’identité parisienne des quartiers cossus, l’architecte d’intérieur et designer Stéphanie Coutas a réussi l’exploit de réunir deux générations. Sans le moindre choc et dans une élégante cohérence.
Texte Catherine Peyre – Photos Francis Amiand

L’architecte d’intérieur Stéphanie Coutas a conservé la belle cheminée d’origine ; bougeoirs aux lignes élancées (Mellerio).  Le tapis noir Pierre Frey/ Braquenié contraste avec les cubes Kellogg’s en acrylique sur bois, pièces uniques de Cédric Avril.
L’architecte d’intérieur Stéphanie Coutas a conservé la belle cheminée d’origine ; bougeoirs aux lignes élancées (Mellerio).Le tapis noir Pierre Frey/ Braquenié contraste avec les cubes Kellogg’s en acrylique sur bois, pièces uniques de Cédric Avril.

Le challenge n’était pas gagné ! Faire cohabiter dans un même appartement les codes et les goûts respectifs de parents et de deux étudiants, aurait pu s’avérer mission… impossible. C’eût été sans compter sur le talent et l’imagination créatrice de Stéphanie Coutas, dont l’agence Mille et Une Maisons avait déjà de nombreuses fois prouvé son excellence dans le triangle d’or parisien. Certes, la surface des deux appartements originels était conséquente, 400 mètres carrés. L’architecte d’intérieur a consacré séparément une demi-journée de brain-storming à chaque génération de cette famille d’étrangers amoureux de Paris ; pour les écouter et identifier leurs besoins, leurs desiderata, leurs modes de vie. Les parents voulaient un pied-à-terre de prestige et les enfants (un garçon et une fille de 18 et 20 ans) un nid douillet et cool pour poursuivre des études supérieures.

Stéphanie Coutas a ajouté sa patte perso en signant les longs canapés habillés de tissus Carlucci et la table basse en marbre brossé à l’envers ; coussins Designers Guild, portemanteaux « Cactus » de Guido Drocco & Franco  Mello, pour Gufram, sérigraphie à la Poliakoff (Art Vertical).
Stéphanie Coutas a ajouté sa patte perso en signant les longs canapés habillés de tissus Carlucci et la table basse en marbre brossé à l’envers ; coussins Designers Guild, portemanteaux « Cactus » de Guido Drocco & Franco Mello, pour Gufram, sérigraphie à la Poliakoff (Art Vertical).

A la suite de ces entretiens, ayant obtenu carte blanche et adhésion absolument totale des deux parties, Stéphanie Coutas a décidé de réunir les deux appartements en un seul, mais en deux espaces de vie à identités marquées : élégant classicisme contemporain côté parents, graphisme pop pour les jeunes adultes. Elle a réalisé la métamorphose des lieux et les a livrés clef(s) en main(s), à l’instar des six véritables suites com­me à l’hôtel, dans cet appartement familial et home privilégié pour réceptions. Stéphanie a opté pour le mat chez les étudiants et choisi les mêmes matériaux en poly brillant pour les parents, le taffetas de soie pour ces derniers, le velours et le lin chez les enfants… Chaque espace a été repensé dans une dynamique duelle, sans schizophrénie aucune mais au contraire en absolue cohérence et dans le respect de la quintessence haussmannienne. « Je respecte les lieux pour les mettre en beauté sans altérer leur âme. » Et pour introduire les codes de la modernité sans détériorer l’esprit de ce magnifique appartement, Stéphanie a conservé la cheminée d’origine, travaillé les lumières comme elle sait si bien les sculpter, créé de faux plafonds qui dissimulent l’éclairage tout en gardant les moulures de cet écrin classique remanié avec tous les égards.

La cuisine invite le noir des meubles Veneta Cucine et des fauteuils « Aretè » en acier de Matteograssi (Silvera). Table Stéphanie Coutas avec piètement cubique en albâtre rétroéclairé et lustre à globes (Stéphanie Coutas et Atelier Alain Ellouz). Photo Arthur Cubas, sculpture Nœud Lego, Matteo (Art Medioni).
La cuisine invite le noir des meubles Veneta Cucine et des fauteuils « Aretè » en acier de Matteograssi (Silvera). Table Stéphanie Coutas avec piètement cubique en albâtre rétroéclairé et lustre à globes (Stéphanie Coutas et Atelier Alain Ellouz). Photo Arthur Cubas, sculpture Nœud Lego, Matteo (Art Medioni).

Elle a fait parqueter l’entrée commune aux deux univers de lames de chêne Vaux-le-Vicomte qui poursuivent leur chemin sur les sols de l’espace parental et se transforment en lattes contemporaines de chêne clair côté post ados. « J’ai toujours privilégié les circulations naturelles, de jour comme de nuit ; un appartement doit être beau à toutes les heures de la journée. » Et dès l’entrée, on savoure l’unité de lumière et d’espace ouvert entre cuisine et living-rooms. A chacun son salon ! Les canapés à rayures graphiques signés Stéphanie Coutas pour 1001 Maisons, rythment l’espace des jeunes autour d’une table basse, custom-made par Stéphanie, en marbre brossé à l’envers pour un effet très mat et très brut, qui contraste avec un tapis Pierre Frey/Braquenié noir texturé.

Au salon TV, canapé sur mesure de Stéphanie Coutas et tissus Armani, table basse « Danica » (Armani Casa), tapis Pierre Frey Braquenié. Au mur, œuvres originales de  « Crash » John Matos.
Au salon TV, canapé sur mesure de Stéphanie Coutas et tissus Armani, table basse « Danica » (Armani Casa), tapis Pierre Frey Braquenié. Au mur, œuvres originales de « Crash » John Matos.

L’ambiance pop est assurée par de grands cubes de corn flakes Kellogg’s (des pièces uniques de Cédric Avril), les leds RGB du plafond qui éclairent les moulures et multiplient les ambiances visuelles en Technicolor… sur l’art toy géant du dernier avatar de KL ou le portemanteau « Cactus blanc » de Drocco & Mello. Comme en négatif photographique dans le salon TV parental, le tapis Pierre Frey/Braquenié se décline en blanc sous un éclairage très doux qui reflète l’argent des revêtements muraux. Ici encore, Stéphanie Coutas a dessiné les sofas, les fauteuils et une superbe console en ébène et galuchat, pour rehausser l’ensemble des œuvres d’art con­temporain minutieusement choisies.

Table de salle à manger  « Trocadero » d’Armani Casa, chaises BC Bertrand, bougeoirs bois de cerf wapiti en résine et argent teinté noir (Mellerio).
Table de salle à manger « Trocadero » d’Armani Casa, chaises BC Bertrand, bougeoirs bois de cerf wapiti en résine et argent teinté noir (Mellerio).

« Notre métier consiste à oser et doser les mélanges à travers la personnalité des propriétaires, proposer aussi des pièces arty, faire cohabiter et fonctionner ensemble des œuvres de valeur avec des objets plus cheap, poser un objet à la bonne place parce que là, il aura une raison d’être, il donnera une respiration et plus de vie. » Ainsi elle a, avec beaucoup d’à-propos, associé deux toiles originales de l’artiste tagueur du Bronx « Crash » John Matos, un cube pop « Brillo » de Cédric Avril à des pots métalliques aux peintures subtiles d’Eischholtz, l’énergie libre d’une sérigraphie sur miroir de Robert Combas à un simple gorille en plâtre… Comme dans la cuisine commune aux deux générations, où des teckels en céramique de la galerie Artis Boromé croisent un « Nœud » original en Lego de fibre de verre et fonte émaillée du Milanais Matteo, qui revendique L’Ego en jouant avec les codes de l’enfance tout en dénonçant les distorsions, les contradictions et paradoxes de notre société.

Deuxième suite parentale : papier mural Maya Romanoff, coussins Andrew Martin, plaid Bomat.
Deuxième suite parentale : papier mural Maya Romanoff, coussins Andrew Martin, plaid Bomat.

Dans cette somptueuse cuisine soulignée de meubles Veneta Cucine et de fauteuils de Matteograssi, Stéphanie a installé un formidable ensemble constitué par une table en verre et albâtre rétroéclairé et son lustre aux globes de la même matière qu’elle a designés et réalisés avec l’Atelier Alain Ellouz, spécialiste de l’albâtre. Pour Stéphanie et sa dream team de l’agence 1001 Maisons qu’elle a fondée en 2005, le travail et la recherche sur les matières sont un fil d’Ariane prioritaire. Son bureau de tendances installé dans d’anciennes écuries du quartier des Champs-Elysées à l’atmosphère de loft new-yorkais, est un véritable laboratoire où l’on phosphore sur de nouveaux craquelés, où l’on travaille autrement le marbre ou le cristal de roche, où l’on redonne une vie à des brisures multicolores de verre de Murano… « pour que chaque projet ait une identité propre ».

Même ambiance noir  et blanc pour cette suite étudiante, traitée en matité. Adossé à un papier peint « Heritage Velvet » de Chivasso, tête de lit en cuir noir d’Arizona et coussins, le tout Stéphanie Coutas ; fauteuil Saarinen à la  Mondrian by Bruno Schiepan (Galerie W).
Même ambiance noir et blanc pour cette suite étudiante, traitée en matité. Adossé à un papier peint « Heritage Velvet » de Chivasso, tête de lit en cuir noir d’Arizona et coussins, le tout Stéphanie Coutas ; fauteuil Saarinen à la Mondrian by Bruno Schiepan (Galerie W).
Devant le miroir Combas, un gorille Artis Boromé.
Devant le miroir Combas, un gorille Artis Boromé.
Dans une suite parentale, ambiance moirée reflétée par les portes du placard sur-mesure Quadro, couvre-lit Elitis ; pouf carré Marina Sièges, rideaux et coussins  de (Designers Guild), tapis Bomat.
Dans une suite parentale, ambiance moirée reflétée par les portes du placard sur-mesure Quadro, couvre-lit Elitis ; pouf carré Marina Sièges, rideaux et coussins de (Designers Guild), tapis Bomat.

Duplex a Bruxelles

Doué d’un certain sens de l’humour, un amateur d’art contemporain a décidé de vivre dans deux appartements identiques du même immeuble bruxellois. L’un situé au cinquième étage, où il réside le plus souvent; l’autre, au quatrième, qu’il réserve aux jours d’été. Et ce n’est pas une blague belge ! Par Philippe Seulliet – Photos Didier Delmas

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[dropcap size=small]O[/dropcap]n devrait construire la ville à la campagne, car l’air y est plus pur », écrivait Alphonse Allais. Semblant justifier cette citation pas si loufoque que ça, les hautes futaies du bois de la Cambre, véritable poumon vert de Bruxelles, surgissent au bout de la très élégante avenue Louise, face à un immeuble des années soixante. Ici vit quelqu’un qui adore rire de tout, partageant avec l’auteur de « A se tordre le goût de l’absurde », assez proche de l’humour belge. Il achète d’abord un appartement au cinquième étage, cédé par des aristocrates aux habitudes un peu surannées, c’est-à-dire logeant sur place un couple de domestiques et vivant au milieu d’un mobilier du XVIIIe siècle. « Ce n’était pas vraiment ma tasse de thé, dit le maître des lieux, mais en souvenir, j’ai gardé les moulures des murs et des portes, la plaque armoriée de la cheminée, avant d’accrocher des portraits d’ancêtres réinterprétés par le photographe finnois Jorma Puranen et des scènes d’intérieurs bourgeois par le peintre hollandais Jan Worst. J’avais toujours rêvé de posséder un château : j’y suis presque, mais dans un style ultra-moderne. » C’est là qu’il réside la plupart du temps (cf. Résidences Décoration n° 102), mais il vient également d’acquérir et d’aménager le quatrième étage de façon quasi identique, disposant à peu près du même plan et de la même surface. Lorsqu’on lui demande pourquoi, il répond : « Parce qu’ainsi je peux partir en vacances sans voyager, simplement en descendant d’un niveau par l’ascenseur. » C’est un peu étrange, surtout lorsqu’il ajoute : « J’ai d’ailleurs installé des peluches d’ours polaires dans le salon, pour avoir une impression de fraîcheur durant l’été ! »

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Ancien industriel spécialisé dans les produits ménagers et cosmétiques pour la grande distribution, auparavant à la tête d’une usine de plus de mille trois cents personnes à Ypres, en Flandre occidentale, Roland Dewulf a de toute façon les moyens de n’en faire qu’à sa tête et selon sa fantaisie. Revenu de tout, il a vendu la villa-blockhaus de mille six cents mètres carrés qu’il possédait dans les dunes de la mer du Nord et son pied-à-terre de l’avenue Montaigne, là où habitait la grande Marlène Dietrich, face au Plaza Athénée, au cœur du fameux triangle d’or parisien. Désormais retiré dans la capitale de son pays natal, il a supervisé lui-même ce dernier chantier, où domine le blanc, à l’image de ses précédents domiciles. « C’est pur, jeune et hygiénique, et ce qu’on y voit, objets ou êtres humains, en ressort beaucoup mieux », explique ce spécialiste de la propreté, pour lequel l’aspect simple et pra-tique des choses importe beaucoup. Au plafond, les suspensions sont de type industriel, et dans les angles, de discrètes caméras lui permettent, où qu’il soit, de voir ce qui se passe chez lui. Le sol, en lattes de chêne blanchi, est facilement lavable. Bien entendu, les tapis, nids à poussière, sont proscrits. Les baies vitrées sont insonorisées et autonettoyantes. Les trois chambres disposent chacune de vastes dressing-rooms et de salles de bains carrelées. Des caddies rouges et des chariots en acier inoxydable permettent de transporter facilement les ustensiles de ménage, la vaisselle ou les plats provenant de l’office ou de la cuisine. Cette dernière, très fonctionnelle, avec ses plans de travail en Corian et ses trois réfrigérateurs de restaurant, donne sur une immense pièce de réception ouverte, divisée en vestibule orné d’un piano, en salon et en salle à manger, où se pressent les convives , grâce à deux longues tables rectangulaires et une table ronde plus petite.

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Extraverti et généreux, Roland Dewulf est en effet un épicurien qui aime recevoir, après avoir mis le champagne au frais et mijoté lui-même sespropres recettes. Comme à l’étage supérieur, l’aménagement des volumes a été mené à bien par l’entreprise belge Top Mouton qui, depuis plus de trente ans, jusqu’à sa récente fermeture, réalisait des installations sur mesure à la perfection. Au mobilier signé par ce fabricants’ ajoute celui de Le Corbusier, de Warren Platner, de Philippe Starck. Le reste a été choisi sur des coups de cœur par ce collectionneur pas comme les autres qui, habitué des foires internationales, possède dans ses gènes l’amour de l’art de son temps, et aussi des plaisirs terrestres, une tradition constante au pays de Brueghel et de Rubens, doublée parfois d’une légère angoisse surréaliste, celle de James Ensor et de René Magritte.

COMME UNE VILLE À LA CAMPAGNE, BRUXELLES S’OUVRE SUR D’IMMENSES ESPACES VERTS (photo 2)

Entre un tableau vert de la Japonaise Yayoi Kusama et un des nombreux téléviseurs de la maison, le balcon s’ouvre sur le bois de laCambre. Des suspensions Glashütte Limburg surmontent la table Top Mouton, entourée de tabourets « Hudson » de Starck (Emeco).

Une autre vue du salon, avec des fauteuils en cuir blanc « LC3 » de Le Corbusier (Cassina), des tabourets de Warren Platner (1966, Knoll International), un tableau de Frank Stella et un miroir concave d’Anish Kapoor. Suspensions « La Boule » de Glashütte Limburg.

Dans le vestibule, « Audience 2 » de Thomas Struth (galerie de l’Académie à Florence, 2004), trois affiches lacérées de Jacques Villeglé, œuvre d’Anne-Karin Furunes (série Portraits of Pictures, 2009) et piano numérique Roland. Ci-dessous, près d’un chariot de supermarché, photo de Candida Höfer (musée Capodimonte, Naples, 2009).

En reflet dans le miroir d’une penderie, la chambre du maître de maison : tableau de l’artiste belge Hans Op DeBeeck (Room, 2007), lit TopMouton, draps et housses d’oreiller Descamps, ventilateur sans pales Dyson. Dans la salle de bains, toute carrelée de blanc, une glace pivotante réfléchit leslavabos de style ancien.

En compagnie d’une amie et de son chien japonais Shiba Inu, Roland Dewulfa adopté le chapeau melon souvent peint par Magritte, dont l’humour surréaliste lui convient assez bien. Vu de haut, le miroir d’Anish Kapoorse confond avec les suspensions sphériques.

Chez Stella Cadente

Après avoir retwisté une maison de charme du quartier de Mouzaïa, petit bout de campagne parisien, la styliste bouscule un haussmannien du XVIIe. Etrange et pénétrant…
Par Frédérique de Granvilliers – Photos Philippe Louzon

Des animaux (achetés chez Design et Nature) vous accueillent dans chaque pièce, et font partie de sa tribu. Comme ce hibou Grand Duc, son chouchou : « Quand il te fixe, on croirait qu’il est vivant ! »
Des animaux (achetés chez Design et Nature) vous accueillent dans chaque pièce, et font partie de sa tribu. Comme ce hibou Grand Duc, son chouchou : «Quand il te fixe, on croirait qu’il est vivant !»

Créatrice fantasque, Stella Cadente imagine un univers follement bohème, anti conformiste et divinement féminin, à la croisée des mythologies. Un monde hybride où les princesses osent s’approprier les attributs des sorcières, où l’insolite convole en justes noces avec le grand style, où le bon goût s’acoquine avec le kitsch.

Paon et blaireau (Design et Nature) customisent  un meuble bas chiné  à Bruxelles. Tapis en velours sur mesure Saint-Maclou. La grue (Design et Nature) trône sur une coiffeuse Stella Cadente. Rideaux sur mesure Mesrideaux.fr.
Paon et blaireau (Design et Nature) customisent un meuble bas chiné à Bruxelles. Tapis en velours sur mesure Saint-Maclou. La grue (Design et Nature) trône sur une coiffeuse Stella Cadente. Rideaux sur mesure Mesrideaux.fr.
Sa paire de jambes - devant un paravent ancien au décor d’oiseau-lyre -, la suit partout. Suivant ses appartements, elles tombent du plafond, surgissent de nulle part. « Dans Barbe-Bleue, les femmes sont souvent coupées. J’aime imaginer que les femmes sortent du mur, du sol, ça me fait rire, en aucun cas ce n’est fait pour faire peur. »
Sa paire de jambes – devant un paravent ancien au décor d’oiseau-lyre -, la suit partout. Suivant ses appartements, elles tombent du plafond, surgissent de nulle part. «Dans Barbe-Bleue, les femmes sont souvent coupées. J’aime imaginer que les femmes sortent du mur, du sol, ça me fait rire, en aucun cas ce n’est fait pour faire peur.»

Vêtements, lingerie, parfums, bijoux, accessoires…, Stanislassia Cadente alias Stella Cadente, est une incroyable touche-à-tout qui œu­vre en toute liberté, imaginant tour à tour un Hôtel Original à Paris, deux projets hôteliers au Brésil, l’étage de lingerie des Galeries Lafayette, une collection de chaussures, des concepts de boutiques pour des mar­ques chinoises quand elle n’assure pas la direction artistique de Rosy, Lejaby ou encore Sephora.

A côté du mur doré à la feuille avec massacre de cerfs, une photo de Steve McQueen qu’elle adore !  Au-dessus du lit qu’elle  a créé, une photo de Stella&Claudel.
A côté du mur doré à la feuille avec massacre de cerfs, une photo de Steve McQueen qu’elle adore ! Au-dessus du lit qu’elle a créé, une photo de Stella&Claudel.

Electron libre dans la mode et le design, elle mixe fantaisie et poésie, avec une touche rock and roll que l’on retrouve dans ses chantiers déco et bien évidemment chez elle ! Son « petit théâtre parisien plein de magie », dont elle nous ouvre les portes en ex­clusivité. De son nouvel appartement, elle a conservé les codes haussmanniens, tout en le transfigurant de tonalités un brin décalées.

Autour du tapis en laine de Stella Cadente pour Toulemonde Bochart, des canapés en cuir de Didier Gomez pour Cinna et un souvenir de famille, une banquette en canevas. Sur la cheminée d’origine, accumulation de chandeliers et de photophores en cristal. Suspension boule miroir de Tom Dixon. Posée à côté de la cheminée, photo de Stella&Claudel de la série « Les Amazones ».
Autour du tapis en laine de Stella Cadente pour Toulemonde Bochart, des canapés en cuir de Didier Gomez pour Cinna et un souvenir de famille, une banquette en canevas. Sur la cheminée d’origine, accumulation de chandeliers et de photophores en cristal. Suspension boule miroir de Tom Dixon. Posée à côté de la cheminée, photo de Stella&Claudel de la série « Les Amazones ».

S’interdisant les mélanges hasardeux, elle a opté pour le vert, et choisi qua­tre teintes différentes qu’elle a spécialement composées. Ainsi pour la salle à manger où sa tribu se retrouve le soir, elle a choisi un vert bouteille foncé, pour accentuer le côté confiné de la pièce : « Avec un éclairage à la bougie, c’est juste superbe ! » Dans le salon, un vert Véronèse s’avère très agréable à vivre et s’harmonise avec le miroir doré et le parquet en merisier. La lumière de la pièce est ainsi conservée, et les moulures des plafonds mises en valeur. Dans le hall, un vert presque turquoise et dans sa chambre, une couleur qui oscille entre le bleu de Prusse et le vert foncé.

Bougeoirs en pâte de verre de Stella Cadente pour Salviati.
Bougeoirs en pâte de verre de Stella Cadente pour Salviati.
Dans le couloir, jeux de constrastes entre une table basse en teck surmontée d’un miroir style Louis XVI et la lampe en bois de cerf avec abat-jour en
Dans le couloir, jeux de constrastes entre une table basse en teck surmontée d’un miroir style Louis XVI et la lampe en bois de cerf avec abat-jour en

Pour le mobilier, de belles pièces scandinaves des années 40 à 50 cohabitent avec un secrétaire Louis XVI et un paravent chinois. « J’aime le mélange des genres, mettre en scène des canapés de Didier Gomez pour Cinna, et du mobilier d’époque, la lampe de Tom Dixon et des rideaux à fran­ges de mes propres collections. « Aujourd’hui, les femmes portent un top H&M avec une veste Saint Laurent, des chaussures Prada et un sac Zara. Dans les maisons, on peut aussi s’amuser à associer les styles sans faux pas fashion. » Comme pour les vêtements, elle aime changer, tout en restant dans la continuité côté couleur, lumière et animaux naturalisés !

Le camaïeu de verts et les rideaux à franges de plumes  de Stella Cadente, séparent visuellement le salon de la salle à manger. Table en teck au design scandinave des années 50, chaises chinées à Bruxelles.  « Une maison doit avoir un vrai look. Je m’amuse à mélanger époques, matières, styles, coloris avec harmonie. »
Le camaïeu de verts et les rideaux à franges de plumes de Stella Cadente, séparent visuellement le salon de la salle à manger. Table en teck au design scandinave des années 50, chaises chinées à Bruxelles. « Une maison doit avoir un vrai look. Je m’amuse à mélanger époques, matières, styles, coloris avec harmonie. »

Son dernier coup de cœur ? Un paon, cadeau de son homme et de ses quatre enfants, invité à dormir dans sa chambre qu’elle a scénarisée pour lui donner un côté intime : tapis sur-mesure en velours bleu, tête de lit très confortable… Résultat, on s’y sent tellement bien que les enfants adorent s’y vautrer, et qu’elle est rapidement devenue un deuxième salon. Au mur, des photos sur les Amazones réalisées avec son associé Florian Claudel. Des fem­mes habillées de parures de bijoux qui furent exposées au Sofitel Arc de Triomphe. Et partout dans l’appartement, en clin d’œil à son nom qui est aussi sa griffe, des étoiles, « qui renvoient un message positif depuis le ciel ».

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Vues sur Manhattan

En plein cœur de New York, un local industriel riche en histoire a été transformé de main de maître par le designer Pol Theis en un appartement sophistiqué de 160 mètres carrés avec triple exposition et belle collection d’art.
Par Claire Bossu-Rousseau – Photos Joshua McHugh

De nombreuses photos signées par les plus grands artistes habillent les hauts murs blancs qui renvoient bien  la lumière. Celles  du premier plan, qui dominent une table vintage Paul McCobb sont l’œuvre de Cornford & Cross. Des objets chinés chers au cœur des propriétaires
De nombreuses photos signées par les plus grands artistes habillent les hauts murs blancs qui renvoient bien la lumière. Celles du premier plan, qui dominent une table vintage Paul McCobb sont l’œuvre de Cornford & Cross. Des objets chinés chers au cœur des propriétaires

Mobilier des Années 50, art contemporain et portraits photographiques font tout le cachet de ce lieu unique avec vue bluffante sur New York City.

Le lustre « Emily »  de Daniel Becker  éclaire la partie salle  à manger délimitée par un épais et moelleux tapis en laine. Les 20 fenêtres du loft sont équipées de stores ombrés qui réduisent la luminosité et protègent meubles et œuvres  d’art des rayons UV.
Le lustre « Emily » de Daniel Becker éclaire la partie salle à manger délimitée par un épais et moelleux tapis en laine. Les 20 fenêtres du loft sont équipées de stores ombrés qui réduisent la luminosité et protègent meubles et œuvres d’art des rayons UV.

Raffinement teinté d’originalité et mises en scène arty président à la décoration 5-étoiles de cet appartement new-yorkais dans l’âme…

Dans le couloir  qui mène à la chambre, des  placards s’ouvrant sur simple pression font corps avec les murs qui les soutiennent, cachent les tuyaux disgrâcieux et permettent tous  les rangements nécessaires. Clin  d’œil du designer,  les deux moutons  font office de rappel  à la nature lointaine  et veillent sur  un Basquiat !
Dans le couloirs qui mène à la chambre, des placards s’ouvrant sur simple pression font corps avec les murs qui les soutiennent, cachent les tuyaux disgrâcieux et permettent tous les rangements nécessaires. Clin d’œil du designer, les deux moutons font office de rappel à la nature lointaine et veillent sur un Basquiat !
 Ci-dessous, la cuisine prend place sur  une estrade en bois. Tabourets Arthur Umanoff années 50.
La cuisine prend place sur une estrade en bois. Tabourets Arthur Umanoff années 50.
n portrait de Meryl Streep par Brigitte Lacombe veille sur la chambre couleur bronze située au bout du couloir pour une intimité parfaite. Tables de chevet Paul McCobb et banc Herman Miller.
Un portrait de Meryl Streep par Brigitte Lacombe veille sur la chambre couleur bronze située au bout du couloir pour une intimité parfaite. Tables de chevet Paul McCobb et banc Herman Miller.

Le Flatiron district, quartier historique situé au cœur de Manhattan est très connu pour son célèbre building éponyme en forme de fer à repasser et de sublimes photos de Marilyn Monroe. C’est un endroit agréable où se promener en famille, déguster à la terrasse d’une gargotte ombragée les meilleurs hamburgers de New York et faire le plein de délices italiens chez Eataly. Cerise sur le gâteau… les immeubles sont ici relativement espacés ce qui évite de se sentir écrasé par l’immensité de la ville et donne l’impression d’habiter dans une bulle préservée. Aussi, quand il pénètre pour la première fois dans ce loft aménagé dans l’un de ses vieux immeubles de caractère, Pol Theis, fondateur de l’agence d’architecture et de décoration P&T Interiors, ancien avocat d’affaires international et designer reconnu, imagine d’emblée son superbe potentiel, fasciné par le nombre de fenêtres – une vingtaine -, la hauteur sous plafond – près de 3,30 mètres – et l’espace…

En se basant sur l’environnement urbain et ses tonalités de gris, Pol et sa collaboratrice Sandra Arndt travaillent de concert avec le jeune couple de propriétaires afin d’apporter personnalité et chaleur à ce lieu tout en maintenant l’esprit grande ville avec un challenge de taille : faire entrer la lumière et dégager les vues tout en préservant un certain silence et beaucoup de confort ! Pour supprimer les cloisons qui auraient pu obstruer les perspectives, ils décident d’installer une rangée de placards allant du sol au plafond autour de laquelle l’agencement s’est organisé : d’un côté un salon, une salle à manger et un retour cuisine ouverte sur ceux-ci ; de l’autre, une chambre con­çue comme un boudoir à l’intimité préservée qui s’atteint par un corridor.

Pour éviter toute monotonie, Pol et Sandra ont fait varier hauteurs sous plafond et niveaux de sol. C’est ainsi que la cuisine est surélevée de quelques marches par rapport au salon et que trois nouvelles marches emmènent vers la chambre. Parallèlement, sols et murs blanchis uniformément assurent un accord parfait à l’ensemble. De discrets placards longent tout l’appartement au tiers de hauteur, juste sous le niveau des fenêtres. De cette façon, tout ce qui n’est pas strictement utile au quotidien est dissimulé dans ces cachettes qui n’ôtent rien au cachet de la pièce ! Seuls les objets auxquels les propriétaires tiennent énormément restent à portée de main.

La palette des matériaux se résume à l’utilisation de chêne blanchi, du Corian et du laqué mat. Il en découle une paisible atmosphère qui n’entre jamais en concurrence ni avec les vues – bluffantes -, ni avec la collection – impressionnante – de photographies des propriétaires : des œuvres de Cindy Sherman, Julian Schnabel, Tom Sachs, Chris Burden, Nan Goldin, Marilyn Minter, Loretta Lux, Brigitte Lacombe et Cornford & Cross hypnotisent le regard. Le mobilier est un mix de pièces contemporaines (comme le lustre Daniel Becker, les tabourets Arthur Umanoff, le bureau et les tables basse et de chevet Paul McCobb ou le canapé Piero Lissoni) et vintage. Des pièces sur mesure ont été recouvertes de coton, lin ou laine marocaine et mêlées à des trouvailles vintage. Le compromis est élégant, tout comme l’est Pol, un esprit bohème sur fond de design pointu.

réputé pour ses créations de mobilier minimaliste juxtaposées à des mélanges éclectiques d’objets de décoration et d’art contemporain, Pol Theis est appelé  à travailler pour  une clientèle haut  de gamme, qui sait apprécier, outre ses multiples talents, sa légendaire discrétion.
Réputé pour ses créations de mobilier minimaliste juxtaposées à des mélanges éclectiques d’objets de décoration et d’art contemporain, Pol Theis est appelé à travailler pour une clientèle haut de gamme, qui sait apprécier, outre ses multiples talents, sa légendaire discrétion.

Ruche créative

A Nice, Alexandre Dufaye arpente sa ville comme on fait son nid. Editeur, son regard d’esthète posé sur toute chose compose des guides séduisants et stylés. Son appartement clair et structuré par des parois de verre dessine un univers limpide et arty, superlativement personnel. Objets, mobilier, photos… Il collectionne comme il vit, au fil du plaisir, des rencontres et de l’air du temps. Par Cécile Vaiarelli – Photos Anthony Lanneretonne

Alexandre Dufaye et  les Editions Tendance ne font qu’un. Même vision, même élégance naturelle, même curiosité insatiable.  Sa force est là, de ville en ville, ses guides se nourrissent du talent des photographes et capturent des instants précieux. Dans son studio d’édition  et appartement, Alexandre cultive son goût pour l’esthétique contemporaine. Il y flotte un esprit mutin  et une liberté de ton  qui composent des ensembles à vivre.
Alexandre Dufaye et les Editions Tendance ne font qu’un. Même vision, même élégance naturelle, même curiosité insatiable. Sa force est là, de ville en ville, ses guides se nourrissent du talent des photographes et capturent des instants précieux. Dans son studio d’édition et appartement, Alexandre cultive son goût pour l’esthétique contemporaine. Il y flotte un esprit mutin et une liberté de ton qui composent des ensembles à vivre.

Nice, Cannes, Aix-en-Provence, Marseille, Bordeaux… Alexandre Dufaye explore pour ses guides une vie des villes contemporaine et vivante. Véritables itinéraires du goût, on y croise les plus belles adresses de la mode, de la gastronomie, du design, du bien-être… et un indéniable parfum de liberté. Son appartement et studio d’édition au cœur de Nice, au dernier étage d’un immeuble feutré, se partage entre vie privée et ruche de collaborateurs.

Au détour des portes en chêne teinté du dressing, un clin d’œil malicieux de Gaetano Pesce avec le siège  « Up Seven » en forme de pied de B&B Italia (Loft Design). Lampadaire de Fortuny pour Pallucco.
Au détour des portes en chêne teinté du dressing, un clin d’œil malicieux de Gaetano Pesce avec le siège « Up Seven » en forme de pied de B&B Italia (Loft Design). Lampadaire de Fortuny pour Pallucco.

Il pétille d’énergie et dévoile un univers tonique où se lovent des collections d’objets rares et de photographies. Loft Design a signé la restructuration de l’espace. Une déclinaison en noir profond et blanc poudré où s’opposent des jeux de transparence stimulés par des pa­rois de verre auxquelles répondent des murs anthracite. Un long couloir dessert 160 mètres carrés d’équilibre et de raffinement ouverts sur les chambres et salles de bain et sur la cuisine qui affiche une double vie entre studio de création et laboratoire culinaire. C’est là que se noue le cœur de l’activité éditoriale.

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Sous l’or des suspensions en demi-sphères de Catellani & Smith (Serra luminaires), la ruche s’affaire, les idées fusent et construisent des histoires mêlant patrimoine ancien et chroniques contemporaines. Pour donner vie aux pages chatoyantes de Nice Code, Cannes Code…, la cuisine limpide et rationnelle « B1 » de Bulthaup, se devait d’exprimer une forme de neutralité bienveillante. C’est là que la rédaction jongle avec les images et les mots ou organise ses dîners les plus fous. Ponctuée de discrètes touches arty avec un « OUI » franc de Sandra Lecoq et des inclusions « Paint Box » et « Caran d’art » signées Arman (galerie Maud Barral), Alexandre y peaufine au jour le jour sur la grande table blanche de Piero Lissoni, ses ouvrages chics et photogéniques… et un indéniable art de vivre teinté de notes sudistes. L’esprit cabinet d’amateur qui serpente de pièce en pièce investit le grand salon où se découpe l’élégante silhouette d’un piano à queue.

Jeux de formes  et équilibre subtil autour d’une cheminée classique avec une installation onirique  de Cynthia Lemesle & Jean-Philippe Roubaud, les fauteuils « Utrecht » de Rietveld (Cassina chez Loft Design)  et un luminaire d’Angelo Brotto  chiné chez Harter.
Jeux de formes et équilibre subtil autour d’une cheminée classique avec une installation onirique de Cynthia Lemesle & Jean-Philippe Roubaud, les fauteuils « Utrecht » de Rietveld (Cassina chez Loft Design) et un luminaire d’Angelo Brotto chiné chez Harter.

Dix ans de conservatoire ont forgé le goût d’Alexandre Dufaye pour la discipline et les harmonies alors que les photographies expressives d’Anthony Mirial explorent la nature humaine et répondent en écho à ses gammes quotidiennes. Une urne vertébrée en céramique, des vanités sur la table en plexiglas d’Emmanuel Babled (Harter) qui retient la lumière, un trio de jarres en terre cuite, un buste antique sur une cheminée (Ginac antiquités), la poésie d’un bouquet de fleurs dorées à la feuille d’Hubert le Gall, une chaise musicale en bronze d’Arman (galerie Maud Barral), l’insolence d’un nain de jardin sur le piano… c’est tout un petit monde habité et sensible, qui par touches successives, investit l’espace et dessine une scénographie intuitive.

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Dans la cham­bre ouverte sur un vaste dressing de B&B Italia (Loft Design), les icônes du design trouvent naturellement leur place. Inspirés du Pop Art et soulignant la préférence de Gaetano Pesce pour les formes anthropomorphes, les exubérants fauteuils « UP5 » & « UP6 » se prolongent dans le dressing par le siège sculpture « Up Seven » en forme de pied surdimentionné également de Gaetano Pesce, et un lampadaire de Fortuny pour Pallucco, clin d’œil éclairé aux réflecteurs des studios photo. Face au lit, les tableaux superposés de Pascal Goujon et Antoine Aguilar éludent subtilement l’éternelle querelle entre abstraction et figuration.

Conçue par Loft Design, une salle de bains  aux lignes claires où  les espaces douche et bain sont séparés par une paroi de verre. Baignoire en îlot et vasques jumelles  avec piètement porte-serviette « Starck X » (Duravit). Version sixties, autour du double miroir « Wedge » (Boffi), un lampadaire « Stilnovo » en tôle (Harter) et  une « Panton chair ».
Conçue par Loft Design, une salle de bains aux lignes claires où les espaces douche et bain sont séparés par une paroi de verre. Baignoire en îlot et vasques jumelles avec piètement porte-serviette « Starck X » (Duravit). Version sixties, autour du double miroir « Wedge » (Boffi), un lampadaire « Stilnovo » en tôle (Harter) et une « Panton chair ».

Dans la salle de bains lumineuse, les lignes des vasques et de la baignoire rectilignes signées Starck dessinent un espace pur. On y retrouve le tempo d’une paroi de verre qui, du sol au plafond, délimite la douche. Alors que ses guides ont le charme fou des chemins de traverse et dévoilent des angles de vues cachés, Alexandre Dufaye poursuit sa quête esthétique au quotidien. Ici ou là, cet amoureux du temps présent collecte des objets, instaure des correspondances et cultive son cadre de vie comme un philosophe cultiverait son jardin.

True Lights

Tout en originalité, esprit graphique et jeu de lignes, les lampes éclairent de manière incandescente le travail des designers ! Pour le plaisir des yeux et l’éclat magnétique d’une lumière au service de l’harmonie et des formes.

Par Monique Delanoue
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Les plus belles Cuisines de 2013

MIXITÉ GRAPHIQUE

TOUT À LA FOIS ÉLÉGANTES ET FONCTIONNELLES, LES PLUS BELLES CUISINES 2013 ASSOCIENT ÉLECTROMÉNAGER HIGH-TECH ET ESPACE DE CONVIVIALITÉ EN AFFICHANT UN GOÛT CERTAIN POUR L’OUVERTURE. À COUP SÛR, THE PLACE TO BE! Par Eva Praquin

 les plus belles cuisines 2013 Linea allie à la perfection design et fonctionnalité sophistiquée. L’îlot, entièrement équipé, crée une cuisine raffinée aux façades disponibles en finitions satinées ou laquées pour pouvoir implanter aisément la cuisine dans le salon. Linea
Linea allie à la perfection design et fonctionnalité sophistiquée. L’îlot, entièrement équipé, crée une cuisine raffinée aux façades disponibles en finitions satinées ou laquées pour pouvoir implanter aisément la cuisine dans le salon.
Comprex
les plus belles cuisines 2013. Avec « Hi-Line 6 », Dada revisite le collection de Ferruccio Laviani, en proposant de nouveaux éléments modulaires. La cuisine, plus informelle malgré ses lignes rigoureuses, offre des structures plus spacieuses, sur-élevées du plan de travail aux modules de rangements. Dada opte pour de nouvelles portes en développant une finition exclusive en aluminium « butler finish » garantissant un produit qualitatif, prestigieux tout en étant respectueux de l’environnement.
Avec « Hi-Line 6 », Dada revisite le collection de Ferruccio Laviani, en proposant de nouveaux éléments modulaires. La cuisine, plus informelle malgré ses lignes rigoureuses, offredes structures plus spacieuses, sur-élevées du plan de travail aux modules de rangements. Dada opte pour de nouvelles portes en développant une finition exclusive en aluminium «butler finish» garantissant un produit qualitatif, prestigieux tout en étant respectueux de l’environnement.
Dada
les plus belles cuisines 2013 «M_26», véritable éloge de la légèreté, se présente sous forme d’un bloc unique, allongé et épuré à l’extrême. L’horizontalité de la conception, est adoucie par des coins de portes arrondis, et une finition en orme blanchi. Meson’s
«M_26», véritable éloge de la légèreté, se présente sous forme d’un bloc unique, allongé et épuré à l’extrême. L’horizontalité de la conception, est adoucie par des coins de portes arrondis, et une finition en orme blanchi.
Meson’s
les plus belles cuisines 2013. La collection «Luminance/Aster» dresse ses volumes dans un décor chaleureux où l’équilibre naît des contrastes entremonobloc bas et éléments hauts, bois et couleur mate. Perene propose une palette de plus de 1600 teintes. De quoi nourrir l’imagination, aiguiser l’appétit et orchestrer la conception de tous les rêves de cuisines ! Perene
La collection «Luminance/Aster» dresse ses volumes dans un décor chaleureux où l’équilibre naît des contrastes entre monobloc bas et éléments hauts, bois et couleur mate. Perene propose une palette de plus de 1600 teintes. De quoi nourrir l’imagination, aiguiser l’appétit et orchestrer la conception de tous les rêves de cuisines!
Perene
les plus belles cuisines 2013 Doimo « Aspen » se caractérise parun dessin équilibré, des lignes épurées rendues plus douces par les finitions utilisées et l’absence de poignées, remplacées par des gorges intégrées. Le stratifié vient compléter un large choix definitions en verre laqué et Corian déjà proposé pour les collections précédentes.
« Aspen » se caractérise par un dessin équilibré, des lignes épurées rendues plus douces par les finitions utilisées et l’absence de poignées, remplacées par des gorges intégrées. Le stratifié vient compléter un large choix definitions en verre laqué et Corian déjà proposé pour les collections précédentes.
Doimo
les plus belles cuisines 2013 cuisines Boffi Xila 2013
Nouvelle finition « Dark Alu » pour la cuisine « Xila ». Alternative au verre, l’aluminium est ici brossé ou traité dans une teinte très sombre, appliqué un support mélaminé sur deux côtés. Sans poignées, les portes s’équipent du système d’ouverture pression. A l’unité de base, s’ajoutent des unités murales à décliner dans différentes finitions dont le bois.
Boffi

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les plus belles cuisines 2013 Modo cuisines 2013
« +Modo » pensée par Jorge Pensi, met en scène de façon inédite des zones fonctionnelles ouvertes et des espaces de rangements cachés, coulis-sants sur des rails invisibles.
Poggenpohl

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les plus belles cuisines 2013. Avec la série « 200 », Gaggenau présente un nou-veau concept d’encastrement permettant de com-biner parfaitement tous les appareils de la gammeà fleur de meuble.
Avec la série « 200 », Gaggenau présente un nouveau concept d’encastrement permettant de combiner parfaitement tous les appareils de la gamme à fleur de meuble.
Gaggenau

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les plus belles cuisines 2013. Conçue comme un élément décoratif, la hotte îlot à recyclage « Zen » devient l’élément central de lacuisine en diffusant tel un lustre, une lumièred’ambiance chaleureuse. Novy.
Conçue comme un élément décoratif, la hotte îlot à recyclage «Zen» devient l’élément central de la cuisine en diffusant tel un lustre, une lumière d’ambiance chaleureuse.
Novy

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les plus belles cuisines 2013 « Classic-FS Blocs » et colonnes de rangements s’imbriquent en définissant ainsi clairement espaces et fonctionnalités. Leicht.
« Classic-FS Blocs » et colonnes de rangements s’imbriquent en définissant ainsi clairement espaces et fonctionnalités.
Leicht
les plus belles cuisines 2013. Avec « Matrix Art », tout dernier programme de cuisine de la marque, les for -mes et les matériaux s’assemblent en toute liberté pour créer une architec-ture aux lignes pures. Nolte Küchen.
Avec « Matrix Art », tout dernier programme de cuisine de la marque, les formes et les matériaux s’assemblent en toute liberté pour créer une architecture aux lignes pures.
Nolte Küchen
les plus belles cuisines 2013 « Artemica Vitrum » combine haute technologie à une simplicité formelle. L’association de verre très épais recyclableà 100 %, renforce par ailleurs sa durabilité. Valcucine.
« Artemica Vitrum » combine haute technologie à une simplicité formelle. L’association de verre très épais recyclable à 100 %, renforce par ailleurs sa durabilité.
Valcucine
les plus belles cuisines 2013 Dekton plan de travail
Dekton®, surface innovante composée de matières premières inorganiques peut être destinée aux sols mais aussi aux plans de travail.
Cosentino
les plus belles cuisines 2013 L’électroménager intégré et les plinthes en miroir apportent unetouche de sophistication au modèle « Caramélisé », lui permettantde s’adapter à un espace ouvert sur le salon. Darty
L’électroménager intégré et les plinthes en miroir apportent une touche de sophistication au modèle « Caramélisé », lui permettant de s’adapter à un espace ouvert sur le salon.
Darty

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les plus belles cuisines 2013 Y5 Machine Espresso Illy
Fruit d’une longue recherche, la nouvelle machine à espresso «Y5», tout en aluminium et ABS, fonctionne avec les capsules «Iperespresso» Illy

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les plus belles cuisines 2013. Toujours plus polyvalent, le nouveau « CookingChef Premium » assure pas moins de quinzefonctions et six cuissons… le secret.
Toujours plus polyvalent, le nouveau «CookingChef Premium» assure pas moins de quinze fonctions et six cuissons… le secret.
Kenwood

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les plus belles cuisines 2013. Avec la gamme « Armoniss 135 », Neff présente unconcept d’éclairage innovant soulignant la fonctionnalité,améliorant la visibilité, tout en restant esthétique. Neff.
Avec la gamme « Armoniss 135 », Neff présente unconcept d’éclairage innovant soulignant la fonctionnalité, améliorant la visibilité, tout en restant esthétique.
Neff

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Rituel tibétain en plein Paris

Un véritable massage interne au cœur d’une oasis de bois et de calme aménagée en plein Paris, c’est la promesse d’une évasion ultime signée Six Senses. Un savoir-faire millénaire dont la philosophie repose sur l’harmonisation des chakras pour dénouer les tensions, dispensé par un thérapeuthe passionné, c’est le voyage sensoriel unique offert par Six senses. Pressions, pétrissages, étirements, applications de pochons chauffés sur vos points énergétiques pour libérer les tensions nerveuses, massage vibratoire et sonore avec les sept bols chantants tibétains pour une relaxation profonde. Sensuel, auditif, odorant et visuel, ce rituel envoûtant n’obéit à aucun protocole rigide et s’adapte uniquement à vos envies ! Soit 185 € pour 80 minutes de lâcher-prise total.
M.D.

Paris : 6 rue de Castiglio­ne
(01 43 16 10 10)
Six Senses Spa

Palais Namaskar

Il est des lieux touchés par la grâce, des palais qui vibrent sous l’impulsion des perpétuels coups de foudre qu’ils engendrent. Namaskar, qui surgit d’un paysage ocre taché par les éclats verts des palmiers, tel un mirage onirique et luxueux dont lmaad Rahmouni aurait indécemment capté la beauté, en est l’exemple plus-que-parfait. Depuis les quarante-et-une suites et villas qui se dessinent entre l’Atlas et les collines de Djebilet au cœur d’un jardin odorant de cinq hectares, le resort garde sa part d’ombre et de lumière, refusant de livrer ses secrets.

L’eau omniprésente, le somptueux décor arabo-mauresque, l’organisation feng-shui, les majordomes aux petits soins, le Spa Guerlain et le restaurant gastronomique dirigé par Antoine Perray s’inscrivent dans la philosophie d’excellence de la collection d’établissements du grou­pe Oetker tout en préservant la magie marrackchie. Accessible en jet privé, le palais Namaskar est une destination à part entière d’où rayonner vers des terres plus authentiques au son des tambours, bendirs et outars…
M.D.
www.palaisnamaskar.com

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palais-namaskar_Pool-Villa-living-room

 

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Zaha Hadid à NYC

Zaha Hadid 28th Highline Project 01

[dropcap size=big]S[/dropcap]ur la High-Line, ancienne voie ferrée aérienne transformée en parc suspendu, Zaha Hadid imagine le 520 west 28 th Street, un immeuble de onze étages et trente-sept appartements, tous équipés des dernières technologies. Les résidents auront un vestibule et une entrée privée. Et pour se détendre, des terrasses, une piscine intérieure, un Spa, un espace de divertissement et des salles de jeux. « Grâce à une architecture qui réinvente l’espace, les appartements fusionneront l’un dans l’autre, avec une identité propre. Offrant, à travers leurs murs de verre, de multiples perspectives et points de vue sur l’Hudson, le New Jersey et les quartiers environnants », souligne Zaha. Magique.

www.zaha-hadid.com

www.related.com

Par M.-C.C.

Idées à prendre

[dropcap size=big]P[/dropcap]romenons-nous dans le sud-est de Paris, quartier Masséna-Chevaleret au 5/7 rue Jeanne-Chauvin, pour s’offrir une belle leçon d’architecture contemporaine. Juste à côté d’un immeuble signé Stéphane Maupin, reconnaissable à ses balcons orange prolongés par des faux vélos, éoliennes et pots réalisés dans le même matériau que les garde-corps, le bâtiment de logements et commerces d’Anne Demians ne passe pas inaper­çu avec ses habits d’aluminium anodisé perforé façon Vasarely.

Certaines parois coulissent faisant office de brise-vues tout en offrant d’intéressants jeux de lumières dans les appartements intégrant des possibilités de variations spatiales afin de répondre aux besoins de chaque usager. Parquet, luminaires I Guzzini, volets uniques, AAD (Architectu­re Anne Demians) prouve ici que l’on peut faire du logement HQE, BBC, à des prix raisonnables (www.annedemians.com). Par V.S.

credit photo: David Dahan
credit photo: David Dahan