Sur l’île d’Antiparos, un refuge écolo-sauvage

Épousant la déclivité du terrain pour ne pas affecter l’environnement, la villa d’Hubert de Malherbe regarde la montagne et la mer. Et, grâce à l’usage du bambou, s’étend, mine de rien, à l’extérieur.

Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû / Photos Stavros Niflis

Ingénieur, designer, artiste, Hubert de Malherbe dessine avec la même émotion, le même bonheur, les flacons des parfums Dior ou Guerlain, qu’un refuge secret en Grèce. Un refuge ! Le sien peut-être ou celui d’un client, qui sait ? « Celui d’une famille française anonyme, amoureuse des Cyclades et d’Antiparos », assure-t-il. Un Antiparos moins confidentiel qu’il y a quelques années mais avec des coins, des quartiers, toujours authentiques, préservés, sur cette île de 35 km2 seulement, à moins d’un kilomètre à l’ouest de Paros, six fois plus grande. « Il suffit, chuchote Malherbe, de s’éloigner un peu de la mer pour retrouver le calme, la beauté intrinsèque, émouvante, de ces terres marines. Ainsi, choisir Kampos, à 15 minutes de marche d’une plage, c’est opter pour un cadre sauvage, et bénéficier, en plus, d’une atmosphère plus saine pour les humains, moins agressive pour les maisons, surtout lorsqu’il s’agit de résidences secondaires, moins aérées, fermées une partie de l’année, autorisant l’humidité à s’installer. »

Pour cette villa insulaire de 350 m2, l’équipe de Malherbe Paris et son créateur ont privilégié une approche sobre, durable, dans un profond respect de l’environnement avec l’intention de gommer totalement les frontières entre l’intérieur et l’extérieur. Une maison en paliers, qui épouse la pente naturelle du terrain, sans terrassement et en conservant autant que faire se peut les arbres, oliviers, amandiers et la végétation endémique, comme les genévriers, les lentisques.

« J’ai aussi eu l’idée, explique le maître d’œuvre, d’utiliser beaucoup de bambou, matériau incroyable résistant aux intempéries, pour construire de vraies pièces à l’extérieur, imaginer à la fois un salon, une salle à manger, classique entre des murs, et leurs pendants ouverts sur la nature, structurés par des parois en bambou. Ainsi, même visuellement la maison semble plus grande. Ces panneaux coulissants permettent d’adapter les espaces en fonction de la température, du soleil, du vent et pour un coût totalement maîtrisé. »

Cœur de la villa, vers lequel tous les passages convergent, l’immense pièce centrale, presque 100 m2, conviviale, animée, où se succèdent sans aucune rupture salon, salle à manger, cuisine, avec en plus une arrière-cuisine équipée de matériel quasi professionnel pour accueillir un chef à domicile si besoin est. « Il arrive, en effet, précise Malherbe, que cette demeure soit louée. » Cet espace de vie se prolonge, sans pollution visuelle, par son quasi-double extérieur. « Ainsi, les occupants choisissent, soit l’intérieur, très cocon, prompt à la contemplation, aux moments d’intimité partagée, soit l’extérieur qui se prête aux apéritifs joyeux, animés, aux dîners ou buffets dînatoires, aux ambiances festives. Sans gêner les éventuels dormeurs. Les cinq chambres, modules indépendants, conçues comme des suites, sont parfaitement isolées, sans murs mitoyens, pour préserver la tranquillité, dotées chacune de leur salle de bains.»

« Une villa sans prétention, agréable à vivre où avec mon équipe nous avons marié les créations contemporaines d’artistes et d’éditeurs et des merveilles chinées tant aux puces que dans des vide-greniers. Comme dans toute maison de famille imaginée pour évoluer au fil de ses années et aux rythmes des envies de ses occupants. » 

AUVENT BOHEME. De la banquette faite sur mesure, on scrute au-delà du vallon, la mer égée. Le soir, sur une chaise en rotin d’Atmosphera ou de bar en métal d’Hespéride, on raconte sa journée. Table basse en céramique, puces de Vanves et coussins, upcycling.
LIVING ÉTOILÉ. Bel espace dînatoire de 70 m2 gagné sur l’extérieur. On s’installe à l’abri, autour de la table en béton coulée sur place. Fauteuils, chaises de bar jaunes en métal Hespéride. Vaisselle et sets de table Atmosphera.
PISCINE SPORTIVE. La bonne longueur, 20 m sur 4 m pour nager les jours où on boude la mer. Daybed en acacia Hespéride. à droite, masse d’arme stylisée en pierre du xxe siècle, collection Yves Gastou. Au fond, création murale en verre moulu, Hubert de Malherbe.
SALON ANIMÉ. Canapé et table basse en verre, Malherbe édition. Fauteuil blanc, design Thierry Lemaire et Hubert de Malherbe. Tabouret Atmosphera, tapis BHV Marais. Sculpture murale bleue Hubert de Malherbe, tableau, puces de Vanves.
CUISINE ARTY. Autour de l’îlot, œuvres affichées comme dans une galerie. Au plafond, création rubans et au sol, création verte, les deux, Hubert de Malherbe. à gauche, photo en noir et blanc d’un corail. Fauteuils Kale d’Atmosphera.
SUITE INTIMISTE. Avec ses 52 m2, sa suspension tubulaire, création Hubert de Malherbe, ses lampes du Carré des Antiquaires, elle interpelle. Tête de lit Malherbe édition, banquette bois et rotin Zara Home, tapis BHV Marais.
VALET MUET. Ce porte-serviettes valet en forme de moustaches chiné au marché Paul-Bert apporte une note fin XIXe siècle. Colonne de douche et pommeau circulaire en inox mat brossé, Leroy Merlin, niche de rangement murale encastrée.
SALLE DE BAINS AUX MIROIRS. Contemporain rond, en bois et métal, miroir Alice d’Atmosphera. D’autres, chinés s’accrochent de-ci de-là au-dessus de la vasque monobloc moulée en béton. Au sol, carrelage style granito Vaduce la Fenice, As de carreaux.
SALLE À MANGER ARC-EN-CIEL. On s’y réfugie les jours gris. Le jaune la réchauffe avec son mannequin ton sur ton trouvé dans un vide-grenier, le visage en céramique bleu Klein de Judith Spinoza et au plafond, l’œuvre multicolore d’Hubert de Malherbe. Fauteuils Kale, Atmosphera.

Hubert de Malherbe, créateur designer

Créateur, designer, ingénieur, diplômé de l’ENSAM, il est également le fondateur du studio Malherbe Paris. À la croisée de l’architecture et du luxe, Hubert de Malherbe a acquis une expertise internationale à Paris, Shanghai, Hong Kong, New York, en créant des lieux immersifs conjuguant émotion et performance. Son moteur : l’innovation. Son inspiration : l’aéronautique, l’automobile. Ses pays de cœur : la Grèce, l’Italie, l’Égypte.

@malherbeparis

Article paru dans le numéro 187 de RD – Résidences Décoration.

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