Arnaud Donckele, le chef poète

« Plénitude », la table gastronomique de la première Maison urbaine de Bernard Arnault, c’est lui.

Par Anne-Marie Cattelain-Le Dû

Six septembre, ouverture, le chef ralentit l’allure pour conter son projet. « La première décision était de choisir où placer la table gastronomique. J’ai suggéré le premier étage, au-dessus de la marquise coiffant l’entrée du Cheval Blanc parce qu’assis, les convives ne voient pas les voitures mais plongent dans un univers de pierres, allant du Pont Neuf à l’Hôtel de la Monnaie. Pour apporter quelques notes poétiques à ce monde minéral, j’ai planté, sur l’arrière de l’auvent, un espace sauvage, avec du blé, des herbes folles. Le jardinage, ça me défoule. Puis, avec l’architecte américain Peter Marino, j’ai imaginé le décor. Je voulais qu’il reflète l’actuel art de vivre à la française, avec du parquet au sol, des murs de bulles qui apaisent, des chaises colorées qui égaient. J’ai souhaité qu’ici le temps s’arrête, que les hôtes vivent une parenthèse. D’où le nom, Plénitude.

En vis-à-vis de la Seine, une table française gastronomique, solaire, sereine, conviviale.

Ensuite, je me suis préoccupé de l’art de la table, j’ai chiné des assiettes, des plats, des soupières, de l’argenterie. Et demandé à Sylvie Coquet, qui m’avait créé la vaisselle du Cheval Blanc Saint-Tropez, d’imaginer des modèles dans la même veine mais en porcelaine, plus précieuse, pour la ville. La céramiste Virginie Boudsocq m’a dessiné des éléments sur mesure, la Maison Christofle forgé des couteaux avec une lame d’attaque aux armoiries de La Samaritaine, et la Maison Garnier-Thiebaut brodé nappes et serviettes en lin. J’aime le mélange de l’ancien et du nouveau. » Sans chichis, sans falbalas !

Article paru dans le numéro 160 de Résidences Décoration

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