Maison Garabos : du gros œuvre aux séries limitées

Fondée dans les années soixante par Pierre Garabos, la maison bordelaise éponyme édite des lignes de mobilier, d’objets en plâtre et en staff, matériau dont elle est devenue, en trois générations, experte internationale.

Texte Anne-Marie Cattelain Le Dû

De chantier en chantier

Dans les années soixante, la construction bat son plein. Le plâtre, détrônant le bois, s’impose en force des murs aux plafonds. Pierre Garabos, plâtrier de formation, se lance. Et ouvre sa propre entreprise à Carignan. Bosseur acharné, excellent artisan, méticuleux, soucieux du bien-faire, il s’impose peu à peu et décroche nombre de chantiers, petits et grands, de rénovation, restauration. Loin d’imaginer qu’un jour Garabos serait labellisée Entreprise du patrimoine vivant. Ses deux fils, Bruno, côté administratif et Jean-Claude, sur les chantiers, lui prêtent main-forte. Avant de lui succéder.

Autre objet signé avec le studio La Racine de Tiphaine Chouillet et Tania Clemente, la lampe Piédestal sculpturale, idéale pour structurer un bel espace. © DR

Un virage bien négocié

Tout en continuant à plâtrer de façon traditionnelle, les deux frères, grâce à des compagnons confirmés, diversifient les activités de Garabos, avec une branche plâtrerie « sèche », utilisation de plaques de plâtre pour l’isolation, l’acoustique, notamment, et d’autre part un atelier staff. Ce matériau, à base de plâtre et de fibre végétale, inventé au xixe siècle, stimule l’imagination des architectes et décorateurs. Soucieux de transmettre, Bruno et Jean-Claude forment des staffeurs mais aussi des monteurs à la technique de nouveau à la mode, de l’escalier sur voûte sarrasine, assemblage de briques et de plâtre. L’entreprise ajoute des cordes à son arc.

Des éditions limitées

Master en Management et Stratégie des entreprises familiales décroché à l’IAE de Bordeaux, après une année de césure et de voyage, Boris, petit-fils de Pierre, s’interroge sur son avenir. « Je voulais travailler dans une branche qui faisait sens. En reprenant l’entreprise familiale, ce qui au départ ne m’était pas venu à l’esprit, je me suis senti investi d’une mission. C’est valorisant d’hériter de traditions, de mettre en lumière les différents corps de métier qui composent une maison comme la nôtre », confie Boris. Avec mon épouse Léa, et les soixante personnes qui travaillent à nos côtés, nous aimons la combinaison de chantiers de luxe et de petits travaux chez des particuliers. Et, forts de notre expertise, nous éditons désormais des collections de mobilier, d’objets en plâtre et en staff. » Lorsqu’on demande à Boris si ses enfants lui succéderont il sourit « Je ne leur mettrai aucune pression mais j’avoue que cela me réjouirait et que j’aime les voir déambuler dans les ateliers avec plaisir et intérêt. »

Du plâtre aux pièces design de Garabos éditions  telle la cheminée Horizon, collection Dialogue Temporel, réalisée avec les deux créatrices du studio La Racine.
Garabos lance, avec l’architecte Fabien Mazenc, pour décorer les murs, une déclinaison de bas-relief, panneaux en staff, comme Sakura ci-dessus. © DR

Repères

1960 Pierre Garabos, plâtrier de formation, ouvre son entreprise à Carignan.

1980 Ses fils Bruno et Jean-Claude prennent les rênes et se diversifient en formant des apprentis à la technique du staff.

Années 2000 Boris Garabos, petit-fils de Pierre qui a pris la relève, fonde la branche Garabos éditions.

2024 Sortie de la première collection en plâtre et staff, Dialogue Temporel, en collaboration avec le studio La Racine de Tiphaine Chouillet et Tania Clemente.

2025 Sortie de la collection Zéphirine avec le studio Touton.

Article paru dans le numéro 186 de RD – Résidences Décoration.

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