Perchée sur une colline pentue, ceinte de remparts médiévaux, entre Costa San Giorgio et Borgo San Nicolao, dévoilant Florence, la villa et ses jardins méritent qu’on s’y attarde. Pour ses fleurs certes mais aussi son histoire et son grand escalier baroque.
Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû
Florence recèle de villas plus belles les unes que les autres, de parcs, de jardins romantiques ou tirés au cordeau. Mais bien peu racontent l’évolution, les modes, les tendances jardinières qui façonnèrent cette ville pendant des siècles, autant que les églises, les hôtels particuliers, les œuvres d’art à chaque pilier de pont, que ce parc un rien sauvage. Au xvie siècle, il fut baroque avec des grottes, des fontaines, des statues, des parterres de fleurs multicolores et des bosquets de chênes verts. Puis, au xixe siècle, la famille princière, propriétaire, succomba à l’engouement des plantations sinisantes avec force, camélias, pivoines, céramiques débordant largement des hauts parterres. Au début du xxe siècle, Stefano Bardini, surnommé le prince des antiquaires, le métamorphosa une nouvelle fois, le décorant de bancs, de vases, de statues hétéroclites. Il y planta des glycines à profusion, notamment autour d’une pergola remarquable qui aujourd’hui encore lorsqu’elle se couvre de fleurs en avril puis de nouveau en septembre, impose avec force ses cascades folles de pétales violets, roses, blancs, érigeant quasiment un rideau végétal, pendant une dizaine de jours, entre la villa et Florence, avant à la première brise de voleter alentour, recouvrant les pelouses d’un tapis moucheté.




Mais au-delà des fleurs, des expositions, nombreuses, sont organisées dans la villa. Bardini est un jardin pour curieux qui ne ménagent pas leur peine pour l’atteindre et qui, une fois ses murailles franchies, se livrent à une véritable chasse aux trésors. Car trésors il y a, dispersés, au gré des bosquets, des escaliers, de l’ombre des arbres centenaires. Deux cents sculptures figées dans leur habit de pierre surprennent parfois les visiteurs au hasard d’un pan de murs ou de troncs énormes. Treize fontaines rivalisent de chuintements, attirant les oiseaux, tandis que les enfants, au seuil des trois grottes, imaginent des contes où des chauves-souris géantes affrontent des dragons. Oui, Bardini sous ses airs un tantinet d’un autre âge, se lit feuille à feuille, comme un roman. Comme une bible de la dolce vita italienne. Cadeau testamentaire de son dernier propriétaire à la ville de Florence, qui hélas, semble avoir peu de moyens pour l’entretenir et le promouvoir, comme il le mérite. Un atout pour celles et ceux qui aiment, dans un lieu aussi touristique que Florence, jouer les explorateurs, emprunter des chemins de traverse.
Carnet de route
Exposition en cours
La villa Bardini, ex-villa Manadora, sur la Costa San Giorgio à Florence, accueille des expositions temporaires, mais aussi le musée Capucci et le musée Annigoni. Jusqu’au 12 avril, exposition Oceani, photos et montage de David Doubilet sur le monde sous-marin et sa fragilité.
Horaires
10 h 30 à 18 h, fermé les premiers et derniers lundis du mois.
Contacts
villabardini.it / info@villabardini.it
Article paru dans le numéro 186 de RD – Résidences Décoration.




