Paul László : le rêve californien

L’historique éditeur Ecart produit dix pièces iconiques de Paul László et remet en lumière une figure majeure du modernisme californien des années 1950.

Texte Aurélien Jeauneau / Photos © Ecart 

C’est sous l’impulsion de l’architecte français Pierre Yovanovitch, qui a repris la maison d’édition en 2024, qu’Ecart (et non plus Ecart International) poursuit la mission initiée par Andrée Putman en 1978 : redonner vie à des créateurs essentiels, parfois éclipsés par l’histoire du design. Avec Paul László (1900-1993), grande figure du design californien du XXe siècle, c’est toute une modernité chaleureuse et raffinée qui réapparaît, l’école européenne sous le soleil californien.

Né en Hongrie en 1900, formé à Stuttgart puis à Vienne où il ouvre son agence en 1925, László construit très tôt une esthétique exigeante. La montée du nazisme en Europe le pousse à s’installer à Beverly Hills en 1936, où il développe une carrière spectaculaire auprès de l’élite hollywoodienne, au point d’être surnommé « Rich Man’s Architect » par Time Magazine en 1952 !

© Ecart 

Architecte d’intérieur autant que designer, il signe des résidences d’exception et des projets commerciaux emblématiques, du Beverly Hills Hotel à Saks Fifth Avenue. Dans ces décors, il conçoit un mobilier cossu, aux lignes nettes, extrêmement attentif aux matières et aux détails. Certains éditeurs, comme Herman Miller ou Glenn of California notamment, feront appel à lui, confirmant son influence.

En collaboration étroite avec ses descendants et après un travail approfondi dans les archives de l’université de Californie à Santa Barbara, Ecart propose aujourd’hui la réédition fidèle de dix pièces emblématiques : fauteuil et ottoman Arcadia en frêne et rotin, buffet et lampe Avondale, tables Brentwood et Palisades ou encore console Wilshire.

En seconde main 

Le mobilier américain du XXe siècle a beaucoup été collectionné ces trente dernières années, notamment en Europe. Les cotes sont assez stables pour le mobilier d’édition, mais les « bons coups » n’existent plus : comptez entre 12 000 et 15 000 € un cabinet deux portes par exemple. L’éditeur Brown Saltman actif dans les années 1950 et 1960 est moins prisé, et permet aujourd’hui l’achat de certains meubles de complément – chevets, bouts de canapé – sans se ruiner… mais il faut prendre en compte les frais d’expédition !

Article paru dans le numéro 188 de RD – Résidences Décoration.

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