Au coeur du IXe arrondissement, l’agence NOOOR a habillé d’élégance et de gaieté, une maison atypique ouvrant sur un jardin en sous-sol, visible de la rue, si caractéristique des demeures londoniennes. Havre serein et lumineux.

Esprit d’équipe. Les piliers de l’agence NOOOR prennent la pose devant des objets qu’ils ont glanés et aiment. Devant : Séverine Rebout et Augustin Le Claire, derrière : Laurent Klein et Philippe Tasso. Deux stagiaires les secondent efficacement.

NOOOR, déclinaison de Noor en arabe signifiant lumière mais avec trois O pour désigner les créateurs de ce studio de décoration d’intérieur : Philippe Tasso, Laurent Klein, Séverine Rebout. Augustin Le Claire, le dernier, les a rejoints plus tard apportant son regard plus actuel. « Nous sommes complémentaires et nous battons pour que la couleur triomphe et que nos clients osent sortir du taupe, du blanc, du gris Dior, sans craindre une faute de goût. Les gens ont souvent peur du regard des autres », affirme Philippe Tasso. « Nous respectons leurs désirs mais notre but est de leur montrer qu’il n’existe aucune limite, hormis leurs rêves et leur budget. Ainsi nous avons beaucoup discuté avec les propriétaires de cette maison atypique de 220 m2, rue La Rochefoucauld, dans le IXe arrondissement de Paris, avec une partie en rez-de-chaussée et une partie en soussol ouvrant sur un jardin anglais. Quand on acquiert ce type de bien original c’est qu’on est audacieux. Nous avons convaincu le couple, elle coach sportif, lui homme d’affaires, que les teintes vives apportaient davantage de luminosité, de gaîté que le blanc. »

La cuisine italienne Poliform a été conçue comme une pièce à vivre au quotidien. Le fauteuil Silvera recouvert de velours Dedar fait la jonction avec le living-room.

Salle à manger située au rez-de-chaussée avec, en son centre, l’incontournable Tulip de Knoll et ses sièges que possédaient déjà les propriétaires. Papier peint Silkbird gold de Dedar évoquant les paravents de Coromandel. L’or apporte beaucoup de lumière. Etagère en plexiglas et laiton, dégottée chez un antiquaire, rue Saint- Georges. Elle joue les cabinets de curiosités pour exposer la collection de coraux et de coquillages. Parquet en chêne.

 

Dans le salon, papier Feuilles d’or d’Elitis et canapé des années 70, chiné chez un antiquaire de l’île Saint-Louis.

 

Le fameux jardin anglais avec un baby-foot extérieur vintage.

Ne pas trahir l’histoire

Dans cette maison, l’élément essentiel était le jardin anglais, une exception à Paris et les structures métalliques. NOOOR est parti de cet espace de verdure pour composer une demeure urbaine et champêtre. De grandes baies capturent la lumière et la végétation. On imagine mal lorsque l’on vit dans ces pièces être à deux pas de la turbulente Pigalle et de rues encombrées par les voitures. Le calme s’impose avec son flegme tout britannique. « C’est l’un des intérêts de l’architecture d’intérieur de continuer à écrire les chapitres de biens existants. Et rêver de projets fous. J’aimerais redécorer un train mythique ou sauver des ruines le fabuleux hôtel perché dans la montagne libanaise qui m’avait inspiré mon mémoire », confie nostalgique Philippe Tasso dont le coeur est un peu resté dans son pays. « Moi, renchérit Laurent Klein, je rêve de réaliser une maison style Madeleine Castaing, la grande décoratrice du milieu du XXe siècle, avec ses codes, verrières, vérandas, couleurs franches, tapisseries très présentes. Et une si belle élégance. »

Publié dans Résidences Décoration numéro 150

NOOOR
Architecte d’intérieur
www.nooor.fr

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Images : Agathe Tissier.





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