Puissance et localisation des luminaires, matériaux des diffuseurs, température de couleur des ampoules… Un éclairage bien pensé constitue le prérequis incontournable à un intérieur fonctionnel, raffiné et propice à la sérénité. Décryptage.
Texte Céline Amico
Salon : polyvalence et cosy attitude
On s’y rassemble en famille, on s’y détend… Lieu de réception par excellence, le salon requiert un éclairage à la fois confortable et convivial. Prévoyez dans cette pièce une intensité globale de 200 lux*. Afin de profiter d’un environnement agréable et non éblouissant, équipez-la de plusieurs points lumineux de puissance moyenne plutôt qu’un seul plus intense, en mixant éclairage général, fonctionnel et d’ambiance : une suspension au-dessus de la table, un lampadaire avec variateur à côté du canapé, une guirlande LED au dessus de la cheminée pour la touche cosy indispensable… Ceci vous permettra également de moduler l’atmosphère selon les besoins et les moments de la journée. Enfin, pensez à souligner certains éléments du décor (niches, alcôves, tableaux…) à l’aide de sources lumineuses indirectes (spots, appliques…). De quoi sublimer les plus jolis détails de votre home sweet home, avec subtilité et raffinement !
* Lux, lumens, je m’y perds, quézaco ?!
Si la puissance de l’ampoule s’exprime en lumens (anciennement en watts), on parle d’unités en lux pour définir l’intensité lumineuse globale conseillée dans chaque pièce, tous luminaires confondus. Cette valeur correspond au nombre de lumens divisés par la surface de la pièce. Par exemple, pour une pièce de 15 m2 équipée de deux ampoules de 800 lumens, la puissance globale est d’environ 106 lux (1600/15 = 106,6). Pour s’y retrouver plus facilement, on peut également se dire que 400 lumens = environ 40 watts (lumens = watt x 10).




Salle à manger : des mets idéalement mis en lumière
Autre lieu de partage mais aussi de dégustation des repas, la salle à manger se doit d’être efficacement éclairée (250/300 lux env.), tout en mettant en exergue les éléments forts du décor. Veillez notamment à correctement mettre en lumière la table, pierre angulaire de la pièce, à l’aide d’une suspension de 100 lumens environ, placée à 60/70 m au-dessus du plateau (postée trop haut, elle éblouira les convives ; fixée trop bas, elle entravera la vision). Complétez par des luminaires de plus faible intensité disposés sur les meubles alentour, à hauteur de vue, ménageant un rendu doux et enveloppant (lampes à poser, appliques…). Point essentiel : n’oubliez pas de sélectionner des ampoules à IRC élevé. Variant de 1 à 100, cet indice de rendu de couleur (IRC mentionné sur l’emballage de l’ampoule) indique si le rendement des couleurs sera plus ou moins naturel et proche de la lumière du jour. Pour la salle à manger, choisissez un IRC au-dessus de 80 afin de préserver les nuances du contenu de vos assiettes.




Chambre : détente et petits matins faciles à vivre
Pour cet espace dédié au repos, misez sur un éclairage modéré (100 lux environ). Proscrivez le plafonnier, trop agressif, au profit de deux ou trois lampes à poser ou appliques d’intensité moyenne. Indispensables, les luminaires directionnels (400 lumens chacun environ), placés de part et d’autre du couchage et à hauteur de regard, vous permettront de lire confortablement sans forcer sur vos yeux.
La pièce abrite un dressing ? Si l’éclairage général de la chambre peut constituer une base non négligeable de luminosité, il est préférable de le compléter par des sources ponctuelles : spots à LED orientables sous les étagères, barre de penderie lumineuse… à la clé : un confort optimal à l’heure des préparatifs matinaux.





Entrée : La première impression… Et la bonne !
Premier espace de réception de la maison, l’entrée signe l’ambiance de votre intérieur. Elle doit donc dispenser un éclairage à la fois puissant (250 lux min.) et accueillant. Pour ce faire, évitez les plafonniers dotés d’abat-jour sombres ou englobants : ils créeraient des zones d’ombres désagréables. L’astuce qui change tout ? Multiplier les sources d’éclairage indirect (spots, appliques) autour des zones d’activités (à proximité du miroir, près du téléphone, etc.). Et puis, n’oubliez pas de considérer la température de couleur de vos ampoules, celle-ci peut totalement modifier l’ambiance ! Exprimée en kelvin (K), elle est le plus souvent disponible en 2 200 K-3 000 K (lumière blanche chaude), 3 500 K-4 500 K (lumière blanche) ou 5 000 K-7 000 K (lumière froide). L’entrée nécessitant une lumière chaleureuse et flatteuse, assez proche de la lumière naturelle, préférez des ampoules de 4 000 K.



La cuisine : précision et modularité
Dans le passé, pièce purement technique, la cuisine est devenue, au fil des années, le nouvel antre de convivialité de la maison… On y mitonne de bons petits plats, on y papote, on y travaille… Le combo parfait pour y être à son aise , en toutes circonstances ? Allier un luminaire général de qualité (spots à large spectre encastrés au plafond) à des sources d’éclairage ponctuelles placées au-dessus des zones d’activité (table de repas, îlot central, plan de travail…). L’objectif à atteindre : une intensité lumineuse globale de 400 lux environ. Bonne idée également pour cette aire de vie hybride : les interrupteurs à variateur permettant d’adapter l’intensité lumineuse de 2 700 à 6 000 kelvins selon les besoins. Pas de variateur au programme ? Adoptez des ampoules LED à lumière neutre (environ 4 000 K) offrant une excellente visibilité et dotées d’un IRC de 80, capable de restituer fidèlement la couleur des aliments.



Salle de bains : l’effet bonne mine !
Petite, souvent mal exposée, la salle de bains a besoin d’un éclairage général assez puissant (300 lux min.) pour nous permettre de voir correctement sans être ébloui(e). Le réflexe incontournable pour corriger ses contraintes ? Bien répartir les différents points lumineux dans la pièce. Pour ce faire, associez par exemple un plafonnier LED, tout indiqué pour l’éclairage principal (IP44 ou IP65 selon la zone) à un éclairage fonctionnel au-dessus du lavabo (spots encastrés, miroir lumineux…) et pourquoi pas à une bande LED (IP65) soulignant joliment le meuble sous vasque. Choisissez plutôt des ampoules à lumière blanche neutre (indice de 4 000 K), proche de la lumière du jour, et dotées d’un IRC élevé (95), indispensable pour restituer les justes nuances de la peau lors du maquillage.




Bureau : de l’ergonomie, sinon rien !
Si un bureau ergonomique passe par un mobilier adapté, il est aussi conditionné par un éclairage bien pensé, à la fois précis et respectueux de la vision (250 à 500 lux d’intensité globale sont préconisés, selon la précision des tâches effectuées). Premier réflexe : éviter d’utiliser une source de lumière unique qui générerait des contrastes avec l’obscurité environnante et fatiguerait vos yeux. Préférez plutôt multiplier les points lumineux afin de varier l’éclairage au cours de la journée et des conditions de travail. Le combo idéal : une suspension à diffusion homogène au plafond, une lampe à poser et une lampe de bureau à bras articulé, tête pivotante et variateur d’intensité pour le poste de travail, le tout équipé d’ampoules à lumière blanche (3 500K-4 500 K).


Article paru dans le numéro 186 de RD – Résidences Décoration.




