C’est sur la mer d’Orient*, là où les GI’s venaient surfer que l’ Inter Continental Danang Sun Peninsula a ouvert en 2014. Un vrai challenge : celui de construire en pleine jungle, sur la pente abrupte de Monkey Mountain, le resort le plus spectaculaire du Vietnam.

* Attention ! les Vietnamiens se fâchent quand on parle de la mer de Chine.

Pour relier les quatre niveaux du resort qu’il appelle « Heaven, Sky, Earth and Sea », l’architecte Bill Bensley installe deux télécabines en forme de bateaux qui glissent à travers les jardins, de la mer au paradis. C’est justement par là qu’on entre dans l’hôtel. Bassins, fontaines, petits singes facétieux le long des allées donnent le ton. On y découvre la conciergerie inspirée des anciens comptoirs coloniaux et le restaurant Citron où des nacelles en forme de chapeau vietnamien permettent de déjeuner suspendu au-dessus de la mer.

A l’étage du Ciel se succèdent chambres et villas, généreusement dotées de balcons et terrasses. Au niveau de la Terre, se dresse la Royal Residence by the Sea, trois cents mètres carrés en duplex, une piscine de 13 mètres de long dominant la baie, deux grandes chambres et une salle à manger sur pilotis pour dîner à la lueur des lanternes. Non loin, la Maison 1888, le restaurant gastronomique du resort, s’invente une histoire, dans le décor reconstitué d’une ancienne plantation. Sur la plage, se succèdent les Villas by the Beach, le Barefoot Foot Café, le L-O-N-G Bar, le PediManiCure Studio by Bastien Gonzalez, le Harnn Heritage Spa et lovées autour d’un lagon mystérieux, les Spa Lagoon Villas.

Un décor Yin et Yang


Bill Bensley aime le blanc et le noir. Il en joue avec enthousiasme et humour aussi bien au niveau des matières que des imprimés. Il s’en sert comme toile de fond pour mieux faire ressortir un jaune éclatant ou un rouge profond ne s’autorisant dans les chambres qu’à un seul bleu, celui du ciel. Les 197 chambres, suites et villas de l’Inter Continental Danang ont en commun de vastes espaces ouverts sur la mer, des parquets de bois doux aux pieds nus, un décor au design contemporain d’inspiration asiatique. On retrouve le blanc et le noir dans le dessin des rideaux, les rayures des coussins, l’imprimé pied-de-poule d’un fauteuil baroque ou le passage gracieux d’une demoiselle en « ao daï », robe blanche doublée de noir, dont les pans yin et yang s’envolent dans le vent.

Un chef français, Michel Roux,
 trois fois étoilé

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Au départ entre Bill Bensley et le chef voyageur Michel Roux, un rêve commun, celui de recréer une véritable maison de planteurs comme il en existait en Indochine. Pour remplir sa vocation de restaurant gastronomique, la Maison 1888 imaginaire se trans- forme quelque peu. La varangue devient terrasse, le fumoir est rebaptisé « Buffalo Bar », la salle à manger se mue en laboratoire, le salon est aménagé en salle de restaurant chic de trente couverts « La Véranda » tandis qu’au premier étage, les chambres des enfants se métamorphosent en petits salons privés.

Le salon du fils aventurier, décoré de souvenirs de voyages, devient la « Traveller Room » tandis que l’« Accountant’room » du fils prodige affiche une collection de machines à calculer. Le « Boudoir de Madame » avec lit chinois et fauteuils rouges, qui ressemble à la chambre de la jeune sœur frivole, se prête aux dîners romantiques. Dans ce décor reconstitué, Michel Roux et sa brigade de trentenaires enthousiastes proposent une véritable cuisine française, servie « à la cloche », devant les clients vietnamiens ébahis.

Dormir dans un spa, au bord du lagon

Le spa a été confié à HARNN Heritage, une marque thaïlandaise réputée pour ses produits et ses soins inspirés de la médecine chinoise. Un vrai « plus » : les huiles essentielles distillées sur place s’adaptent à votre profil ayurvédique. Accueillis comme dans un sanctuaire, c’est en buggy que vous voilà acheminé vers l’un des huit bungalows du Spa, équipés d’une salle de soin, d’un jacuzzi, d’un sauna ou d’un hammam.

S’ouvre alors une délicieuse parenthèse, un véritable voyage des sens selon que vous aurez choisi l’emblématique « Journey of Marble Moutains » détoxifiant ou le « Journey of Siamese Jasmine » relaxant. Mais le must reste les « croisières » de deux, trois ou cinq jours en Spa Lagoon Retrait Villas, des résidences privées destinées aux contemplatifs en quête de calme et d’intimité. Dotées d’une chambre silencieuse, elles sont un véritable havre de paix où vos nuits sont aussi douces que le fin kimono de soie déposé à votre intention.

Hué par le col des nuages

L’Inter Continental Danang Sun Peninsula est le point de départ idéal pour découvrir le centre du Vietnam. Dominée par l’imposante statue de « Lady Bouddha », protectrice des pêcheurs, Danang est aujourd’hui la 3e ville du pays. Elle possède un intéressant musée Cham et un pont en forme de dragon qui crache le feu tous les week-ends. Le soir, sur la plage où se succèdent les restaurants de fruits de mer, s’envolent au crépuscule des nuées de cerfs-volants.

Hoi An n’est qu’à 30 kilomètres. Avec son port où accostent les sampans, ses vieilles maisons chinoises et son pont-pagode japonais, la ville, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, est l’une des rares que les guerres ont épargnée. Pour les amateurs d’architecture cham, le sanctuaire My Son (le Angkor vietnamien) reste incontournable. A 60 kilomètres au sud de Danang, il réunit environ soixante-dix temples, noyés dans la végétation. Enfin impossible d’aller à Danang sans voir la cité impériale de Hué. En une journée aller-retour, vous verrez l’essentiel : la Pagode de la Dame Céleste, les somptueux vestiges de la Cité Pourpre Interdite, sans oublier le marché et le pont Gustave Eiffel sur la Rivière des parfums.