Premier Prix de René Gabriel renaît avec Hyacinthe

La maison d’édition Hyacinthe redonne vie au fauteuil Premier Prix, icône du mobilier d’après-guerre signé René Gabriel. Une belle réédition, dans le respect du designer et de son époque.

Texte Aurélien Jeauneau / Photo de couverture Shiran Potié

Conçu en 1945, le fauteuil Premier Prix tire son nom du concours de « meubles pour sinistrés » organisé à la Libération pour remeubler rapidement les intérieurs français. René Gabriel (1899-1950) défend pour l’occasion un programme rationnel de meubles pour toute la maison : tables, chaises, bahuts, armoires et lits notamment. Sur un modèle encore expérimental de fabrication en série, le mobilier de René Gabriel offre pour la première fois en France les qualités formelles d’un mobilier de designers à un prix modique. 

Le fauteuil est de loin la pièce la plus emblématique de cette production : structure en hêtre massif et coussins amovibles, et ses volumes qui concilient à merveille confort et emprise au sol. Hyacinthe propose aujourd’hui une réédition fidèle et numérotée de ce modèle ni rustique ni démonstratif, en accord avec le neveu du créateur et dans le strict respect de la fabrication d’origine donnée à faire dans des ateliers français !  

Loin d’un simple exercice patrimonial, cette réédition remet en lumière une figure essentielle du design français. Contemporain de Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou encore Jean Royère, René Gabriel a aussi été le professeur adoré des jeunes designers Pierre Guariche et Alain Richard. Défenseur visionnaire d’un mobilier « social », il a posé les bases d’un modernisme à la française, rigoureux et fonctionnel. Sa démarche, partagée plus tard par Marcel Gascoin, continue d’inspirer toute une génération de créateurs attachée à l’idée d’un design utile et juste.

Le fauteuil Premier Prix a été imaginé par René Gabriel en 1945. Il est aujourd’hui réédité par Hyacinthe, et écrit ainsi une nouvelle page de son histoire. © DR

En seconde main

Si le mobilier de René Gabriel est très présent sur Internet, ses meubles de décorateur sont très recherchés et les prix atteignent des sommets.  Pour sa période « reconstruction », en chêne ou en hêtre, les chaises, les tables et les bahuts tournent aux alentours de 50 €, 100 €, 200 €.  Ses bureaux et buffets se vendent régulièrement sur Selency ou Leboncoin et sont souvent très (trop ?) restaurés. Les fauteuils atteignent des prix solides en ventes publiques : comptez entre 5 000 € et 10 000 € pour une paire de fauteuils d’origine. Pour les chineurs, un bon réflexe : repérer la mention « Mobilier de Reconstruction » ou « R. Gabriel » sur les catalogues des années 1950. Quelques pépites à dénicher et promises à une belle revalorisation.

Article paru dans le numéro 185 de RD – Résidences Décoration.

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