Dressée sur une colline, à l’ouest d’Ibiza, partie encore préservée de l’île où les jardins fleuris ourlent les bois, malgré ses 325 m2, basse, épurée, la demeure joue les discrètes.
Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû / Photos Vigo Jansons
La plus célèbre, la plus folle des îles Baléares, Ibiza l’hippie, la fashion, la fêtarde, avec ses DJ réputés, de David Guetta au légendaire Armin van Buuren, et au mystérieux Boris Brejcha, reste aussi paysanne, authentique, dans ses terres nordistes et occidentales. Une campagne infinie, avec des propriétés agricoles, des cultures, des élevages et des fincas, fermes construites en matériaux locaux, résistant au temps et aux modes que lorgnent les agents immobiliers, les hôteliers et les amateurs de vieilles demeures. C’est ce que cherchait ce couple germano-britannique, parents d’une adolescente et maîtres de deux chiens épris d’espaces. Tombés amoureux de l’île il y a une dizaine d’années, après avoir loué des villas, ils souhaitaient s’installer, être chez eux, dans une finca retapée. De visites en déceptions, ils se laissent convaincre par l’un des cabinets d’architecture les plus renommés d’Ibiza, Blakstad, par l’idée de construire. C’est à l’ouest, non loin de Cala Bassa, mais à l’intérieur qu’ils dénichent, à flanc de colline, 3 000 m2 en partie plantés d’arbres. Avec la complicité de Tom Lawrence-Levy du studio Natural Asthetik, (repéré sur Instagram par le couple), les idées fusent. Compte tenu de la complexité du terrain et du ravitaillement en matériaux de construction, toujours aléatoire sur une île, le chantier dure trois ans. Trois ans avant que la finca, s’étalant sur un seul niveau prenne forme, alliant le charme rustique de l’architecture paysanne et l’épure du design minimaliste.
« Nous avons adouci l’aspect brut des murs extérieurs et prolongé cet effet à l’intérieur, explique Tom Lawrence-Levy,en utilisant des matériaux comme le microciment pour les murs et le grès pour le sol, veillé à ce que les finitions soient harmonieuses, élégantes, opté pour des zelliges marocains. » Puis Tom Lawrence-Levy a choisi des tons doux, le blanc cassé, évoquant les plages de sable fin, relevé par des bruns rustiques et des bois chauds typiques d’Ibiza, mais aussi des touches de rouge ocre avec la pierre Rojo Alicante, matériau utilisé dans la région depuis des siècles. L’architecte, lui, a dessiné une maison basse de 325 m2, organisée autour de la piscine avec ses six chambres et son grand living. Y ajoutant un espace de vie extérieur de la même superficie avec cuisine, salle à manger, salon.
Le bois et la pierre apparaissent, en notes subtiles, sur la façade donnant sur la piscine. Pour contrebalancer la rugosité de ces éléments, Tom Lawrence-Levy a sélectionné des lins fins, des voilages, créant une atmosphère accueillante, décontractée. « Blakstad est maître en la matière, il connaît Ibiza par cœur et a su donner une âme au lieu », explique Tom Lawrence-Levy. Qui d’autre que son équipe pouvait concevoir une finca du xxie siècle, en s’adaptant aux envies de ses occupants qui l’été vivent avec leur tribu d’amis autant dehors que dedans. Nombreux sièges, vastes espaces repas, tables hautes de quelque quatre mètres de long, et basses de deux mètres ont été dessinés, en exclusivité. Ces dernières dans le même esprit que les tables des fermes où se retrouvaient les paysans pour dîner après les longues journées de labeur et la fin des récoltes pour festoyer.









Tom Lawrence-Levy, studio Natural Asthetik

Designer, architecte d’intérieur et créateur du studio Natural Asthetik, Tom Lawrence-Levy partage son temps entre Londres et Miami. Il accorde une attention particulière aux détails. Aimant les couleurs sophistiquées, les meubles et accessoires en écho avec la région, il mélange facilement objets designs et traditionnels.
Article paru dans le numéro 187 de RD – Résidences Décoration.



