Le refuge d’un mélomane en Vénétie

Partager sur pinterest
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp

Au cœur de Padoue, ce penthouse joue sur la verticalité et la hauteur de trois étages de guingois pour projeter, entre poutres du XVIIe siècle et cubes de verre, un repaire familial, professionnel et musical conçu comme une villa.

Par Anne-Marie Cattelain Le Dû / Photos Yorick Photography

En Vénitie, à une quarantaine de kilomètres de Venise, le long de sa jolie rivière la Bacchiglione et de ses canaux, Padoue étale ses bâtiments historiques dont les plus anciens datent du Moyen Âge. Entre églises remarquables comme la Basilica di Sant’Antonio, la Cappella degli Scrovegni et ses jardins, la Prato della Valle, l’une des plus belles places d’Italie et les parcs, au cœur de la ville, de somptueuses façades cachent des demeures privées plus ou moins bien préservées.

Musique maestro !
écouter et interpréter ses partitions préférées, une des passions du propriétaire qui, entre enceintes de part et d’autre de la cheminée restaurée et piano, partage avec ses hôtes des morceaux choisis. Ainsi, depuis le canapé Villa Salotti, ils jouissent de la musique et du mur végétal.

A la recherche d’un lieu d’une superficie confortable pour vivre avec sa famille, installer son bureau et jouir également d’une acoustique irréprochable, un jeune entrepreneur mélomane découvre une sorte de loft de 270 m2 gravissant trois étages et donnant sur un jardin, dans un immeuble du xviie siècle.

Réenchanter un bâtiment du XVIie siècle au charme brouillé par une rénovation irréfléchie.

Malgré l’étroitesse des pièces, mal agencées et mal restaurées quelques années auparavant, et le peu de luminosité, il apprécie vite le « potentiel » du bien comme aiment le souligner les agents immobiliers. Il imagine ses enfants en prendre possession et lui jouer du piano ou écouter ses compositeurs préférés. Reste à trouver l’architecte idéal pour agencer l’ensemble. Giuseppe Tortato sera l’homme de la situation.

Studio de création
En saillie, suspendu au-dessus de la cheminée et du piano comme « une cabane dans un arbre » selon l’architecte, et ancré dans le mur d’origine, le bureau entièrement vitré du propriétaire lui permet tout à la fois de travailler et de rester connecté au salon en toute discrétion.

Expert en réhabilitation urbaine, rompu à l’architecture bioclimatique et sensible à l’âme des lieux, l’architecte milanais est réputé pour sa capacité à inventer des solutions, allier des matériaux naturels et métisser l’ancien et le nouveau. « Le projet et la personnalité de l’acquéreur m’ont séduit d’emblée. Malgré ou à cause de la complexité de la tâche, j’ai accepté de revoir de fond en comble ce penthouse très vertical, avec une hauteur de plafond intéressante à exploiter », explique Giuseppe Tortato.

« Intégrer le domicile des hommes au cœur de leur quartier, créer un sentiment d’appartenance, de fierté. » Giuseppe Tortato

Pour redonner sa noblesse à l’ensemble, Tortato décide de « casser le moule », ne conservant que les structures portantes, telles les poutres, et quelques beaux éléments d’origine comme les cheminées.

Son objectif : créer un univers familial paisible et convivial, en concevant le salon comme une place de village, relié intelligemment aux autres pièces. « J’ai éliminé tous les ajouts superflus pour ramener la lumière dans les espaces, organiser le chaos, raconter une nouvelle histoire, suspendre des plateformes transparentes. », raconte-t-il. Exit la lourde mezzanine assombrissant le salon, place à un immense cube en verre tenant lieu de bureau pour le père de famille.

Entracte
Plaisir, après avoir fait coulisser la porte en verre de la cuisine, de se hisser sur les tabourets Hay, pour savourer avant de partir en classe et en revenant, petit déjeuner et goûter en famille avec les deux jeunes enfants. Papier peint Glamora.

Certains murs de pierre ont été remplacés par des puits de lumière pour éclairer le salon et la salle à manger. « Avec un paysagiste, nous avons aussi planté un mur végétal vertical qui introduit la nature à l’intérieur de la maison », poursuit Giuseppe Tortato. équipé d’un système d’irrigation, ce pan de verdure laisse filtrer le soleil et s’anime le soir, grâce à un jeu de Leds.

Loge privée
Repos bien mérité dans la Master Bedroom raffinée avec sa niche dorée éclairée par un faisceau de Leds et ses murs tapissés de papier en relief de la collection Hermès de Dedar. L’armoire laquée et les luminaires Flos participent à la magie de la pièce.

Désormais, cuisine, salle à manger, salon, bureau, deux chambres avec chacune leur salle de bains, se partagent rationnellement le premier étage. Les meubles réalisés sur mesure par le studio de design de l’architecte se marient avec ceux des propriétaires, dont le piano, les enceintes et une impressionnante sculpture de tête de lion dont le poids a nécessité le renforcement du sol.

Giuseppe Tortato
Cet architecte né à Venise, diplômé de l’école polytechnique de Milan s’est spécialisé en architecture bioclimatique à l’occasion d’un passage dans le Massachusetts avant de s’établir dans la capitale lombarde. Aujourd’hui, à 54 ans, il aime tout autant rénover des centres urbains que des maisons particulières.

La cheminée monumentale du xviie siècle a été nettoyée et restaurée pour redevenir le foyer du salon, dans tous les sens du terme. Au second étage, accessible par un escalier caché, se logent deux autres chambres prolongées chacune par une grande terrasse. Et, astuce suprême, en plein soleil, un immense balcon style rooftop, ceint de murs bas en verre, semble espionner le salon juste en dessous. The place to be à l’heure du thé et de l’apéritif pour apprécier la douceur de Padoue, ses dômes et les senteurs s’échappant de ses nombreux jardins.

Reportage paru dans le numéro 157 de Résidences Décoration

Inscription à notre NewsletterInscrivez-vous pour être informé en avant première et recevoir les offres exclusives !
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur pinterest

La rédaction vous recommande

Dites-nous ce que vous en pensez