Déposer, dans une plaque d’acrylique des fleurs, du papier japonais ou des feuilles d’or : telle était l’idée un peu folle, mais tellement belle, de Gilbert Meyer lorsqu’il créa, il y a vingt ans, la maison Dacryl. Aujourd’hui, les collaborations se multiplient, de la plus discrète à la plus prestigieuse.
Texte Anne-Louise Sevaux
Une œuvre et un déclic
C’est en découvrant la chaise Miss Blanche, créée en 1988 par Shiro Kuramata, que Gilbert Meyer découvre le principe de l’inclusion. L’artiste japonais avait inséré des fleurs dans cette pièce en acrylique, parfaitement transparente, lui offrant ainsi noblesse, délicatesse et poésie.
Au début des années 2000, Gilbert Meyer venait de racheter une manufacture de plasturgie dans le centre de la France. Ce savoir-faire, il le connaissait déjà bien, notamment celui de la coloration sur mesure. Passionné d’art et de design, il veut aller plus loin et se lance dans la création d’un processus unique d’insertion. C’est la naissance de Dacryl, une maison qui, depuis, n’a cessé d’oser et d’innover, œuvrant là où on ne l’attend pas.

Un savoir-faire et une infinité de possibilités
Très vite, il mesure le potentiel immense de cette matière et se tourne vers le monde de l’architecture et du design. Direction Paris, en 2005, pour créer les boutiques de la créatrice de lingerie Chantal Thomass, où il inclut dans la matière « dentelle et effet de capiton », raconte Margaux Manoukian, responsable commerciale et marketing chez Dacryl, et belle-fille du fondateur.
Tantôt technique, tantôt artiste, mais toujours visionnaire, l’entreprise familiale multiplie les projets. On trouve alors Dacryl dans les boutiques, les hôtels et restaurants, les résidences haut de gamme, les yachts, et même sur les défilés. Les qualités esthétiques et les caractéristiques techniques exceptionnelles de cette matière sont nombreuses et séduisent tous les secteurs, y compris les milieux les plus exigeants.

Des fleurs et des plumes
« L’acrylique est une matière première transparente et liquide, comme de l’eau, explique Margaux Manoukian. Chaque élément que l’on souhaite inclure est placé à la main selon un plan de pose défini. On crée ainsi de grandes plaques de matière que l’on ajuste selon les besoins des projets. »
Et toute la magie de Dacryl réside dans sa capacité à adapter le procédé de fabrication de façon à ce qu’une fleur conservera dans le temps ses volumes, formes et détails. Aujourd’hui, Dacryl ne connaît aucune limite à l’inclusion : des cristaux à la plume, en passant par des bulles de verre ou de la maille métallique, tout est envisageable.

Une matière et ses qualités
Depuis toujours, Dacryl travaille aux côtés des designers et sait répondre à leurs besoins. « On vient notamment très souvent remplacer le verre », explique Margaux Manoukian. Du pied de table au pan de mur entier, Dacryl invite à la créativité et s’appuie sur son bureau d’études pour livrer des ouvrages aboutis.
Dernièrement, Louis Vuitton a fait appel à leur savoir-faire pour venir « fleurir » les célèbres malles, repensées par Pharrell Williams.

6 dates clés
Avril 2015 : exposition au George V pour les 10 ans de Dacryl.
Avril 2017 : salon Révélations en partenariat avec Richard Orlinski.
Mars 2018 : lancement de Dacryl Japon avec la société Washi Life.
Janvier 2024 : première collaboration avec Vuitton et Pharrell Williams avec Azuma Makoto (fleurs du Japon).
Juillet 2024 : collaboration avec Vinci pour le village olympique.
Janvier 2026 : lancement de Dacryl Dubaï.
Article paru dans le numéro 185 de RD – Résidences Décoration.




