Azzedine Alaïa et Cristobal Balenciaga : deux légendes

Azzedine Alaïa et Cristobal Balenciaga. Deux noms, deux grands Maîtres de la couture.

Un simple communiqué annoncera la fermeture brutale de la maison de Balenciaga en 1968. Telle est la décision du célèbre couturier espagnol  à la naissance du prêt-à-porter.  L’esprit collectionneur et passionné d’ Alaïa, sollicité par Mademoiselle Renée, directrice adjointe de Balenciaga, le poussera à constituer une archive des robes et des stocks de tissus de la maison espagnole. Cette archive aura signé leur vis à vis d’aujourd’hui.

D’un côté l’élégance épurée de Balenciaga, de l’autre celle d’une mode près du corps d’ Alaia. Un face à face inédit qui se renouvèle, après un premier chapitre où le noir absolu s’infiltrait dans un décors épuré, minimaliste, créé par des panels et murs transparents, de vastes panneaux de voile, qui insufflaient toute l’authenticité et la magie du temps qui ne semble pas s’être écoulé.

Ce nouveau chapitre nous introduit à partir du 27 septembre et jusqu’au 3 Janvier 2021, dans la couleur.
Le rose aveuglant de Balenciaga dialoguera avec le rouge intense cher à Alaïa, dans une nouvelle scénographie où la poésie sera encore une fois à la une.

Les thèmes essentiels aux deux couturiers, à savoir les folklores gitans et espagnols, s’expriment avec des modèles de dentelles blanches chez l’un, de cuir perforé chez l’autre. La robe « gitane », célèbre parmi toutes les créations d’Azzedine Alaïa, est pour la première fois exposée dans la galerie de la Fondation .

L’esprit visionnaire d’ Azzedine Alaïa, passionné et avide de collectionner les pièces aux techniques certaines, est un héritage inestimable aujourd’hui.

Et ce dialogue silencieux entre les deux grands Maîtres, qui ne se sont  jamais réellement rencontrés, entre les pièces intemporelles qui ont marqué leur histoire qui semble ne s’être jamais interrompue en est le témoignage.

Fondation Azzedine Alaïa
18, rue de la Verrerie, 75004 Paris, France
https://fondationazzedinealaia.org

Texte : Karine Patricola
Images : Stéphane Aït Ouarab.