Domaine Solvay : cultures et culture

Près de Bruxelles, à la lisière de la forêt de Soignes entre pelouses à la française et arbres remarquables, s’épanouissent plus de 450 espèces de plantes sauvages. Mais aussi un musée. Ballade tout autant que balade botaniques. 

Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû

Légué à l’état belge dans les années 1960 par les Solvay, famille d’industriels qui l’avait acquis en 1893, le domaine de 227 hectares, devenu parc public, interroge toujours les scientifiques du Jardin botanique national et de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Passionnés par ce patrimoine wallon, qualifié de majeur, un patrimoine à conserver, à entretenir, qui les ravit autant que les milliers de visiteurs flânant, en toutes saisons au hasard des allées. Ils déambulent des jardins à la française, écrin du château de Béthune, inspiré des châteaux de la Loire, à la spectaculaire hêtraie cathédrale avant de gagner les bosquets que les fougères habillent de légèreté. Au printemps, ils se ruent frénétiquement sur les massifs de rhododendrons et d’azalées explosant de couleurs. Mobile en main, les fanatiques des pétales délicats s’empressent de les poster sur Instagram. époque oblige !

Le château de La Hulpe accueille en ses dépendances la Fondation dédiée à l’artiste Folon, excellente raison de visiter le domaine en toutes saisons. © Martin Dellicour

Sensible à cette profusion de végétaux susceptibles d’illustrer un herbier davantage que les réseaux sociaux, Jean-Michel Folon, artiste belge, pluridisciplinaire, aujourd’hui décédé, décida, pour marquer l’an 2000, d’installer sa Fondation dans la ferme du château de La Hulpe occupant une partie des terres du domaine Solvay. Une fondation à son image où la poésie flirte avec l’humour et la musique avec les lumières. Cette fondation, avec ses quinze salles regroupant quelque 350 œuvres significatives de son travail – peintures, sculptures, objets, affiches, etc.–  participe grandement à l’intérêt et à la renommée du domaine Solvay. Sympa, entre deux promenades jardinières, de pénétrer de plain-pied dans le monde de Folon, de s’envoler aux côtés de ces hommes bleus, de découvrir aussi d’autres artistes de la même veine autour desquels la conservatrice organise des expositions temporaires. Et, fidèle aux engagements de Folon, fervent défenseur des droits de l’homme, collabore toujours avec Amnesty International pour monter des événements.

Le château de La Hulpe – ou de Béthune –, ne se visite pas, mais ses jardins à la française tracés au cordeau sont accessibles sans problème. © Martin Dellicour
Immanquable, au bas du parc, son étang grouillant d’animaux dont les va-et-vient et les cris distraient enfants et parents. © Martin Dellicour

Comme quoi, une simple promenade fleurie emporte vers bien des horizons.

La faune aussi

Dans la partie basse du parc, là où la végétation batifole, sauvage, dans le grand étang vivent en harmonie une compagnie de grenouilles rousses sauteuses, des canards fuligules plongeurs, des poules d’eau surfeuses, des cygnes un rien snobs et des oies de passage que survolent en mai, à la saison des amours et des éclosions, des libellules affolées. Un spectacle que les enfants adorent.

Ouvert tous les jours gratuitement, l’hiver du 1er octobre au 31 mars de 8 h à 18 h. L’été du 1eravril au 30 septembre 8 h à 21 h.
Musée de la Fondation Folon, ouvert du mardi au dimanche.
Château de La Hulpe, désormais lieu événementiel est non accessible au public.

Article paru dans le numéro 185 de RD – Résidences Décoration.

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