« Folklorique et poétique » : ainsi pourrait-on décrire la Maison Roz. Ce « chalet de mer » du Finistère, construit au milieu du XIXe siècle, connaît aujourd’hui un nouveau souffle grâce au travail de l’agence Wunder. À travers les conseils d’Élodie Dumas et d’Augustin Decaux, architectes et fondateurs de l’agence, zoom sur une décoration réussie, véritable trait d’union entre hier et aujourd’hui.
Texte Anne-Louise Sevaux / Photos Adrien Ozouf
Une maison et ses générations
Ce chalet de mer du XIXe siècle « était déjà plein de charme, mais méritait d’être réveillé et rénové », expliquent Augustin Decaux et Élodie Dumas, le duo fondateur de l’agence Wunder. Cette maison du Finistère appartient à la famille d’Augustin depuis 1860, il y avait donc, plus que pour n’importe quel autre projet, cette envie « d’honorer les générations qui l’ont habitée avant nous ».
Mais pas question, pour ce binôme résolument dans l’air du temps, de rester figé dans le passé : « Nous voulions aussi insuffler une nouvelle vie à la maison et l’adapter aux usages contemporains. » L’objectif, aussi évident que délicat, consistait à « créer un lieu intemporel, capable de traverser à son tour les décennies à venir, tout en restant fidèle à son identité d’origine ».

Une maison et sa région
Pour accomplir une telle tâche, plusieurs fils ont été tirés, plusieurs histoires entremêlées et la Bretagne, bien sûr, y joue un rôle central, « et plus largement, l’art de vivre en bord de mer propre à cette région ».
Ainsi, l’art populaire breton trouve naturellement sa place dans cette rénovation : des têtes de lit graphiques aux faïences Henriot de Quimper, des tabourets tripodes en bois tourné aux beurriers chinés… Autant de clins d’œil folkloriques, tantôt amusants, tantôt intrigants. Face à des références plus contemporaines, ces éléments s’intègrent ici comme un hommage aux savoir-faire bretons, sans jamais tomber dans le cliché.
« Le folklore breton s’associe très bien avec le chrome de la structure des USM ; les huiles sur toile chinées dialoguent avec les luminaires tubulaires DCW Éditions, et le coquillage d’Axel Chay trouve naturellement sa place auprès d’une banquette en lambris et tissu végétal », détaille Élodie Dumas.
Une maison et sa palette
Pour préserver l’harmonie entre passé et présent, le duo d’architectes a opté pour une palette naturelle, inspirée des peintres de l’école de Pont-Aven. « Comme eux, nous avons été touchés par la lumière changeante, les contrastes saisissants et la sérénité du lieu. » D’une pièce à l’autre, on retrouve ainsi des tons granit, des verts profonds, et des reflets inspirés de l’Aven voisin. « La palette reste globalement neutre, avec quelques touches de couleur pour réveiller l’ensemble : le bleu des chaises HAY dans la salle à manger ou le rouge de la faïence Normandy Ceramics dans la cuisine. »

Sans oublier les nombreuses rayures, qui insufflent un twist contemporain et joyeux. « Les teintes doivent dialoguer entre elles, s’accorder avec douceur plutôt que s’imposer. »
Une maison et ses matières
Pour réussir un mix & match harmonieux, il faut aussi s’attarder sur les matières.
« Elles sont essentielles : elles apportent chaleur, profondeur, caractère, et participent à l’émotion globale. » Des papiers peints aux miroirs, des banquettes aux tapis, chaque texture est pensée « pour créer une atmosphère riche, tactile et accueillante ».


Autant de détails, d’attentions discrètes, qui font qu’il y a dans cette maison quelque chose de vivant, ce petit rien qui change tout et rend heureux.
Cette maison est disponible à la location sur weeks-off.com/fr
Article paru dans le numéro 185 de RD – Résidences Décoration.




