À travers ses tapis contemporains, Diacasan raconte des histoires de voyages, de rencontres et d’héritage. Sandrine Demas, fondatrice de la maison d’édition et directrice artistique, partage son parcours, qui s’écrit depuis 25 ans entre l’Inde, le Népal et la France.
Texte Anne-Louise Sevaux
Un souvenir d’enfance
Les tapis, Sandrine Demas les connaît depuis toujours. Son père, revendeur dans une grande enseigne, l’a initiée très tôt à cet univers. Elle a compris rapidement qu’elle en ferait son métier.
« Je me souviens avoir aidé mon père à préparer une exposition consacrée aux tapis d’Orient. Livrés en vrac, ils formaient comme une dune. C’était ma première rencontre avec les tapis, et je n’oublierai jamais cette dune ! »
Une idée forte
C’est d’abord pour donner vie à ses envies et à ses inspirations que Sandrine Demas a fondé Diacasan en 2000. « J’ai vu naître l’émergence du tapis contemporain », se rappelle-t-elle. Avec son œil averti, son sens aigu de la couleur et sa connaissance des techniques, elle est vite passée d’une simple idée à une véritable collection. Animée par cette conviction, elle quitte son entreprise et se lance seule dans l’aventure de l’édition de tapis contemporains.
« Je suis allée découvrir les ateliers en Inde, cela a été un véritable coup de foudre. Je savais que j’étais à ma place. Ensuite, tout s’est enchaîné naturellement. » Des idées, de l’audace, de la passion et de belles rencontres : voilà la formule magique de Sandrine Demas.
Une rencontre marquante
Les rencontres et la famille occupent une place essentielle dans l’aventure de Diacasan Edition. « Le tapis, c’est d’ailleurs souvent une histoire de famille, explique la fondatrice. Que ce soit dans les pays producteurs ou en France, il s’agit bien souvent d’un héritage. »
Au fil du temps, Sandrine s’est aussi créé sa famille de cœur, notamment auprès des artistes avec lesquels elle collabore. Sa rencontre avec Jacques Borker, pionnier du tapis d’art contemporain, fut décisive.
« Il m’a accompagnée lors de mon premier voyage en Inde. Avec Jacques, c’était comme une évidence. On a beaucoup appris l’un de l’autre », raconte-t-elle, en se souvenant de son ami récemment disparu. De cette complicité naît la première collection de Diacasan, « Les coups de cœur », tirée des dessins de Jacques Borker.



Une créativité débordante
Cette première collection en appelait déjà beaucoup d’autres. « Une maison d’édition, ça crée, ça produit et ça diffuse », rappelle Sandrine Demas. Et chez Diacasan, la créativité n’a jamais cessé de bouillonner.
Le processus démarre le plus souvent avec un dessin proposé par un artiste. Mais il arrive aussi que Sandrine initie un projet : « Je ne suis ni artiste ni designer, mais j’aime travailler à leurs côtés. » Puis vient l’étape technique, celle de la transformation du dessin en tapis. « Et il n’existe jamais une seule manière de réaliser un tapis », précise-t-elle. C’est alors que l’expertise et le regard de Sandrine deviennent essentiels.
Un amour du savoir-faire
Pour donner vie à ses tapis d’exception, Diacasan s’appuie sur les meilleurs artisans du monde. « La région de Delhi, en Inde, est renommée pour ses tapis tuftés main, réalisés en piquant le fil dans une toile. Le Népal, lui, est maître du noué main », détaille Sandrine.
Mais la technique ne suffit pas : « Il y a aussi et surtout le savoir-faire de l’artisan, le choix des matières premières, la teinture et le traitement final du tapis. » Sélectionner les bons ateliers relève encore une fois de rencontres précieuses, guidées par la confiance, l’exigence et la curiosité de cet âme voyageuse.

Dates clés
2000 : Création de la maison d’édition Diacasan.
2001 : Premier salon Maison & Objet et début des collaborations avec d’autres entreprises.
2008 : Ouverture d’un premier showroom, rue Cardinet à Paris.
2019 : Nouveau souffle pour Diacasan qui crée davantage de collections en son nom.
2025 : Ouverture d’une toute nouvelle boutique, au 23 rue du Bac à Paris.
Article paru dans le numéro 184 de RD – Résidences Décoration.



