Tobia Scarpa & Flos, 64 ans de mariage

L’entreprise italienne Flos poursuit son travail de réactivation des icônes du design italien en rééditant le lampadaire en bois Seki-han de Tobia Scarpa de 1963.   

Texte Aurélien Jeauneau / Photos Robert Rieger

Depuis sa fondation en 1962, Flos a bâti sa réputation en révélant et en accompagnant les grands noms du design italien. Parmi eux, Tobia Scarpa (1935-) occupe une place à part. Fils du maître architecte Carlo Scarpa, il développe dès les années 1960 une écriture singulière, à la fois architecturale et sensible, où la lumière est pensée comme une matière à sculpter. Son association avec Flos donne naissance à plusieurs pièces devenues iconiques, comme la lampe Foglio, la spectaculaire Biagio taillée dans un bloc de marbre, ou encore des luminaires à l’élégance minimaliste, devenus des icônes du design. Pas moins de trente modèles sont sortis de cette collaboration prolifique, de 1961 à 1990 !  

C’est dans ce contexte que naît, en 1963, le lampadaire Seki-han. Sa conception est d’une simplicité radicale : un néon industriel est pincé dans deux pièces de bois verticales reliées entre elles, qui permettent les orientations lumineuses en tournant le lampadaire : réfléchie en lumière indirecte contre le mur ou en direct pour éclairer la pièce. Le geste est net, presque brutaliste dans sa rigueur, mais l’effet est d’une grande poésie : l’objet se transforme en sculpture lumineuse. Pour l’éditeur, il ne s’agit pas seulement de remettre en circulation un modèle rare, mais de réaffirmer l’importance du patrimoine du design italien de cette période, où la lumière devient une expérience plus qu’un objet.

© Robert Rieger

Le luminaire italien en seconde main 

Flos ne cesse de piocher dans ses archives très riches et présente régulièrement des rééditions qui créent l’événement, et ce pour de bonnes raisons : la qualité de réalisation et le soin apporté à l’appréciation des croquis d’époque sont à saluer. Il existe en seconde main des pièces de Flos sur Internet. Pour les collectionneurs, le luminaire italien de la deuxième partie du XXe siècle est un graal que l’on se doit de posséder. Didier Krzentowski, fondateur de la galerie Kreo, collectionneur lui-même et marchand, propose régulièrement des pièces originales. Attention, les prix sont hauts !

Article paru dans le numéro 184 de RD – Résidences Décoration.

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