Ebouriffante, la folie architecturale de dix-sept étages imaginée par Sou Fujimoto verra le jour en 2017 à Montpellier. Un antidote à la morosité urbaine. Par Guillaume Mollaret

A Montpellier, l’Arbre Blanc sera livré en décembre 2017. Un bar panoramique sera installé au dernier étage. La fondation d’art contemporain de Gilbert Ganivenq, PDG de Proméo, sera exposée au rez-de-chaussée. Le bâtiment accueillera 120 logements.

On ne saurait séparer l’intérieur et l’extérieur d’un simple mur. » Ainsi raisonne, peu ou proue, Sou Fujimoto. Chez ce lauréat d’un Lion d’Or à Biennale d’architecture de Venise en 2012, les murs et les toits sont rarement d’une totale opacité.

En témoigne le concours que cet architecte japonais âgé de 43 ans vient de remporter – en association avec NLA Paris et Oxo Architects -, à Montpellier pour la construction d’une tour de 17 étages. Un « Arbre Blanc », nom donné à ce bâtiment de 56 mètres de haut, qui trônera en entrée de ville. Tels des branches, des balcons individuels plus ou moins profonds habilleront la façade dominant les quartiers est de la ville. Créer une vraie perméabilité entre intérieur et extérieur Jusqu’à présent, l’une des rares réalisations opérées en France par Sou Fujimoto était la rénovation d’une maison normande.

Sur les rives de la Manche, le Nippon s’est attaché à rendre perméable intérieur et extérieur. La toiture a été revisitée de sorte à accueillir plusieurs verrières. Des arbres habitent désormais l’intérieur. « Nous avons ôté les sols pour accueillir une forme de jardin intérieur. La sensation est celle d’un extérieur, alors qu’on est bien dedans », avance le créateur japonais, rencontré en janvier au RBC Design Center de Montpellier. « Il propose réellement un rapport propre entre la nature et l’architecture », vante son confrère Nicolas Laisné, de NLA Paris, co-auteur de l’Arbre Blanc dont la livraison est attendue en décembre 2017.

Construite pour le compte des promoteurs Proméo et Evolis Promotion, cette tour témoignera de la préoccupation permanente chez Fujimoto, de soigner les interactions intérieur/extérieur à l’instar de House Na (ci-dessus). « C’est un travail sur la densité. A priori, on peut penser que les habitants manquent d’intimité. Mais en fait, quand on est à l’intérieur, par le jeu d’installation des meubles, on se sent dans un espace tout à fait protégé. J’essaye de plus en plus de développer, entre intérieur et extérieur, ces espaces entre-deux », défend l’architecte. Plusieurs concepts chez Sou Fujimoto sont développés sous forme de grilles (ci-dessus). « C’est une forme intéressante, car elle permet de donner au bâtiment une forme très irrégulière. Cela permet par exemple de donner de l’ombre aux espaces à vivre dans une fine alternance de simplicité et de complexité. »

1. Bâtie en 2011 dans un quartier résidentiel de Tokyo, House Na se présente comme une collection de pièces.

2. Un ensemble d’habitations imaginé pour Tokyo mais demeuré à l’état de maquette.