Les objets poétiques et aériens de Constance Guiset

Une ribambelle de diplômes prestigieux en bandoulière, autant de « Prix de la création », maman de deux enfants, Constance Guisset a trouvé sa voie. Rendre la vie plus belle en la peuplant d’objets poétiques, aériens. Douceur, légèreté et grâce sont ses maîtres mots. Les objets et scénographies qu’elle crée en témoignent, véritables invitations à la rêverie. Et au mouvement. Avec constance, la vie swingue sur fond d’arc en ciel. Par Virginie Seguin

Son parcours n’a rien de l’étudiante aux Beaux- Arts qui plane. Diplômée de l’ESSEC en 1998, une école de commerce où la rêverie n’est pas au programme, Constance Guisset s’envole pour Tokyo où elle est assistante parlementaire d’un ancien ministre des affaires étrangères. De retour à Paris, elle se rassied sur les bancs Sciences-Po Paris pour se spécialiser en management culturel. Diplômée en 1991, elle devient administratrice de la galerie Nelson à Paris, file ensuite chez les Bouroullec où elle attrape définitivement le virus du design.

« Je me suis inscrite à l’E.N.S.C.I, et quand j’ai participé à des concours, se souvient Constance qui décroche encore un diplôme en 2007, c’est à cette époque que j’ai dessiné la suspension Vertigo et mon aquarium- cage Duplex. Un petit pois son, un petit oiseau s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre quand on est dans l’eau ? » Duplex est une réponse fonctionnelle à l’équation bohème posée par Juliette Gréco en 1966 : une cage surmontée d’un aquarium, destinée à favoriser une rencontre visuelle entre un poisson et un oiseau. L’aquarium, dont la base est composée d’une cloche, crée une bulle d’air dans laquelle l’oiseau peut voler à la même hauteur que le poisson. Un objet hybride qui réconcilie les contraires et place ces habitants de l’air et de l’eau dans une situation inédite d’exploration mutuelle. La suite est du même acabit !

Duplex est désormais édité par Spécimen, tandis que Vertigo, une « lampe cabane », selon les termes même de sa créatrice, est fabriquée et distribuée par Petite Friture. Une jeune société fondée par Amélie du Passage dont Constance dit : « On s’entend  super bien, on est sur la même longueur d’onde. » Logique, la jeune femme, qui se promenait en janvier dernier avec son nouveau-né à Maison & Objet où elle a un stand, a fait elle aussi une grande école de commerce.

“JE CROIS BEAUCOUP AU MILITANTISME FORMEL AUTOUR DE LA DOUCEUR. IL FAUT TROUVER L’ÉQUILIBRE ENTRE RADICALISME ET MOUVEMENT. SI ON A LA RIGUEUR DE L’USAGE, ON PEUT SE PERMETTRE LE MOUVEMENT POUR S’ENVOLER, CELUI QUI ENGENDRERA LE PAS DE CÔTÉ.”

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Les pieds ancrés sur terre et la tête dans les étoiles

Avec les créations de Constance Guisset, vous avez tous les ingrédients pour parvenir à cette équation. Munissez- vous de Vertigo, à la fois aérienne et graphique. Sa structure ultralégère en fibre de verre, mise en tension par des rubans polyuréthanes au toucher velouté, exerce une vraie fascination quand elle s’anime au gré de vos effleurements ou du vent. Pour tester un zeste de son pouvoir, rendez-vous en juin au Palais de Tokyo. A l’occasion des D’Days, l’établissement inaugurera trois « champignons cabanes » pérennes. « Leurs toits seront similaires à Vertigo, un abri pour s’embrasser, un pour parler et un autre où l’on s’allonge pour regarder une vidéo en l’air. »

En attendant les beaux jours, direction Porte de Montreuil pour s’immerger dans l’univers de Constance Guisset. Le Suite Novotel est le premier hôtel à faire appel à son talent. Dans la réception, on retrouve tout ce qui a fait son succès, des meubles joyeux agencés pour créer des îlots de douceur. « Leur concept est « Libre comme l’air », mais le jour où je présentais mon projet, je me suis dit qu’ils n’allaient jamais adhérer, j’étais loin de l’univers des hommes d’affaires qui séjournent ici. Ils m’ont finalement suivi, c’est une vraie évolution pour l’hôtellerie. »

A Milan, Constance fait le plein de nouveautés

Durant le Salon du Meuble, seront lancés chez Fontana Arte, Plume, une lampe dont les pétales de papier se disposent au gré des envies ; trois poufs aux dimensions différentes dans l’esprit de son Windmills chez La Cividina ; Les Capes avec l’éditeur Moustache, des abat-jour imbriqués prêts à s’envoler, et le canapé Nubilo avec Petite Friture. Chaque objet engendre l’envie de jouer avec. « Si on a la rigueur de l’usage, on peut se permettre le mouvement pour s’envoler, celui qui engendrera le pas de côté » précise Constance.

Un précepte à l’image de sa carte de voeux : « Les sept personnes qui travaillent à l’atelier ont réalisé l’animation des objets en Harlem Shake. On s’est bien amusés ! » Une récréation ludique, comme les vidéos qu’elle réalise, à voir sur son site www.constanceguisset.com.

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