Quatorze hectares en Normandie métamorphosés en un jardin extraordinaire où apparaît au hasard d’une forêt de conifères, une œuvre d’art contemporain, tel est le pari réalisé par l’architecte d’intérieur Emmanuel Renoird et Nicolas Libert. Une passion commune et fructueuse qui a vu le jour il y a dix ans.
Par Serge Gleizes – Photos Didier Delmas

« Sans titre » de Karsten Födinger (2012) évoque la tension entre des forces opposées (galerie Raeber von Stenglin, Zürich).

« Sans titre » de Karsten Födinger (2012) évoque la tension entre des forces opposées (galerie Raeber von Stenglin, Zürich).

C’est une promenade initiatique, un monde de chaos poétique et de sérénité, où chaque œuvre invite à la méditation, au repli sur soi ou à un échange joyeux. Tout a commencé par la demeure construite dans les années soixante dix, qui est à elle seule une œuvre d’art, et dont l’architecture insolite s’inspire de celle d’une demeure américaine de la cô­­te Ouest. Après l’avoir achetée et rénovée, Emmanuel Renoird et Nicolas Libert lui restituent toute son âme en la décorant d’œuvres d’art. « Il était donc logique de poursuivre cette aventure dans le jardin, confirment-ils. L’idée était de créer une promenade où l’on découvrirait au milieu des épicéas, des érables champêtres, des chênes, des frênes, des saules argentés et des sapins… des œuvres d’art. L’autre grand bonheur de notre démarche est de travailler à chaque fois de manière expérimentale avec des artistes, et cela du début du processus créatif à l’emplacement de l’œuvre dans le jardin, afin que cette dernière s’inscrive naturellement dans le paysage. » Et le charme opère, tout comme la magie de se promener dans un lieu verdoyant où chacune de ces œuvres raconte avec leur silhouette insolite, leur part de mystère et leur inclination au déséquilibre, des messages de notre époque.

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« Ruines » d’Etienne Bossut (2007). Tel est le message de cette carcasse de Porsche des années cinquante réalisée en polyester (galerie Sébastien Ricou, Bruxelles).

« Corolle » de Pierre Labat (2013).

« Corolle » de Pierre Labat (2013). Disposés comme les pétales d’une fleur, les cercles en fer peint de cette architecture de cinq mètres de diamètre diffuse
une puissance tranquille (galerie ACDC, Bordeaux).

Sculpture « Théorème des Dictateurs » de Vincent Mauger (2011).

Sculpture « Théorème des Dictateurs » de Vincent Mauger (2011). C’est un oursin géant, un astéroïde, une étoile des mers, ou plus simplement une sphère de cinq mètres de diamètre constituée de pieux assemblés autour d’un noyau en aluminium (galerie Bertrand Grimont, Paris).

« Rock Giant » d’Arik Lévy (2009).

« Rock Giant » d’Arik Lévy (2009). Haute de six mètres, cette sculpture en acier poli miroir fait partie d’une série intitulée « bigger than man ». Fascinante météorite de lumière dont les facettes reflètent des angles de vue inédits, et évoquent la place de l’homme dans la nature, la frontière entre la pesanteur et la légèreté.

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