Invité par Résidences Décoration et Hotel & Lodge pour une performance in situ le mardi 20 mai, le duo Mel et Kio, connu pour ses mix poétiques mots/graphisme sur différents supports à l’intérieur comme à l’extérieur, va métamorphoser la terrasse et le restaurant de l’hôtel Montalembert (www.lepredeau.com).

Le Mayer du design

René-Jacques Mayer, président des D’Days, confirme son ambition de donner une dimension festivalière, internationale et pluridisciplinaire, à la semaine du design qui se déroule chaque année à Paris. Interview Virginie Seguin.

Résidences Décoration : Des nouveautés pour cette quatorzième édition ?

René-Jacques Mayer : L’an dernier, j’ai lancé l’idée d’un Festival d’Avignon du design. Une semaine durant, cette discipline doit montrer toutes ses facettes en créant des ponts avec l’architecture, les arts plastiques, le graphisme et les métiers d’art. Beaucoup d’institutions entrent dans la danse, comme le Musée d’Art Moderne, Guimet, Carnavalet, Cognacq-Jay… Il y a une dizaine d’années, D’Days investissait surtout des showrooms de Saint-Germain-des-Prés. Grâce à Alain Lardet, le fondateur, la manifestation a pris de l’ampleur. Maintenant, elle inclut aussi la Rive Droite Ouest, Paris Centre et la ville de Pantin.

– Vous jouez la transversalité des disciplines ?

– Oui ! L’éditeur Bernard Chauveau va s’associer au Centre International d’Art Verrier de Meisenthal qui fait intervenir Régis Mayot. Le jeune designer va travailler sur leur collection d’anciens moules de soufflage. Jérôme Dumetz, le lauréat des Audi Talents Awards, met une série de matériaux et outils à la disposition d’artistes qui vont créer in situ un projet dans un temps donné, lequel doit se « raccrocher » aux autres pièces réalisées au fil des six jours de ce happening, dans un esprit de cadavres exquis. Il y aura aussi des gestes pérennes au Palais de Tokyo qui s’ouvre au design avec une création de Constance Guisset. Roche Bobois va également lancer sa collection de meubles dessinée par le plasticien Micka connu pour son art cinétique.

– Le thème de cette année est le mouvement ?

– Oui mouvement de pensées, dans l’espace, se pro jeter dans le futur. Permettre à un objet statique de bouger. Les tapis de Tai Ping vont vivre au rythme des mouvements curvilignes engendrés par les fils de fer, de laine, d’acier, de soie ou de nylon du Vénézuélien Elias Crespin. Le nouveau Carreau du Temple va accueillir trois jours d’installations fortes avec notamment l’artiste Vincent Leroy et le Danois Eske Rex et sa machine à dessiner. Même les bus et le la ligne 1 du métro sont de la partie avec l’intervention du graphiste Frédéric Tacer, lauréat du concours D’Days RATP JC Decaux.

– Une dimension plus internationale ?

– Assurément. Les étudiants de la Head de Genève (Haute Ecole d’Art et de Design) ont revisité l’emblème de leur pays, une étonnante réinterprétation de l’horloge coucou avec le soutien de Vacheron Constantin. Rive Droite, le Mona Bismarck American Center se met à l’heure américaine avec de jeunes designers et des maisons plus reconnues. D’Days invite aussi Taïwan à exposer des objets en bambou, le résultat de la rencontre entre artisans taïwanais, Compagnons du Devoir français et des designers des deux pays. La galeriste Maria Wettergren, qui avait retenu le musée Delacroix l’année passée, va scénographier ses créateurs scandinaves au musée de la Chasse et de la Nature. A Pantin, le collectif néerlandais Dito témoigne de l’énergie générée quand de jeunes diplômés se fédèrent.

– Vous souhaitez toucher tous les publics ?

– C’est une vraie volonté, comme dans tous les festivals. Un guide pour un parcours ludique destiné aux enfants sera disponible, et au Bastille Design Center, des espaces de jeux leur seront spécialement dédiés. En ouvrant leurs portes, les écoles permettent aussi aux jeunes de découvrir sur le terrain les différentes formations qu’elles proposent. L’ENSAD organise des workshops, l’Ecole Boulle, Duperré participent également.

– Une idée des D’Days de 2015 ?

– Renforcer encore plus la spécificité française où sphères privée et publique s’unissent. L’économie et la culture vont de pair. C’est ce mix qui est un vrai moteur pour la relance qu’il faut exploiter. Et les D’Days en sont un large exemple. Je souhaite aussi développer le design interactif, qui cette année s’invite dans le cadre des D’Talk, le 21 mai, au Google Lab. A La Gaîté Lyrique, il y aura aussi des rencontres informelles autour de la question de la mobilité, du design de service et du design social.

 

Les objets ludiques en canne de Provence d’Antoine Boudin avec l’atelier Petit H d’Hermès.

1) Les objets ludiques en canne de Provence d’Antoine Boudin avec l’atelier Petit H d’Hermès.

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(2) René-Jacques Mayer, directeur de la création de Sèvres, Cité de la céramique et président des D’Days.

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(3) Les expositions du nouveau Carreau du Temple sont soutenues par les champagnes Vranken Pommery.

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(4) Poésie fonctionnelle avec François Chambard.

 

PLUS D’INFOS

Du 19 au 25 mai 2014, programme détaillé sur www.ddays.net.