Chez Nitsa Benchetrit et Julien Lombrail, cofondateur de la Carpenters workshop gallery, étonnement et convivialité vont de pair. Les meubles sont des sculptures fonctionnelles régulièrement renouvelées pour le plus grand plaisir de leurs amis et de leurs deux enfants.

Avant d’emménager dans ce cent trente-cinq mètres carrés acheté il y a plus de trois ans dans le quartier du Marais, Julien et Nitsa l’ont entièrement remis à neuf, tout en ouvrant quelques volumes sans oublier de conserver les cheminées en marbre, le parquet et les moulures haussmanniennes qui rythment plafonds et soubassements. Un écrin conforme à leur mode de vie et goûts, qui mixe espaces fluides, objets chinés et œuvres d’art. « On a gardé les poutrelles, clin d’œil au loft new-yorkais, et cassé le mur de la cuisine pour l’agrandir afin d’y intégrer une grande table et pouvoir cuisiner, tout en profitant de nos amis, raconte Julien. On a même supprimé les placards existants. Du coup, on a mis la vaisselle sur des étagères industrielles, les marmites au mur tout comme la ribambelle de couteaux aimantés. C’est très pratique », s’amuse Nitsa, maman pour la seconde fois depuis juillet dernier.

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Après avoir chiné des carreaux de ciment pour le sol de la salle de bains, seule démarcation entre la chambre parentale et la pièce d’eau, ils ont trouvé sur l’Internet une baignoire à pattes de lion chez un Anglais de la Mayenne, Eliot Marsden. « On l’a fait emmailler à la fois à l’intérieur et à l’extérieur comme une coquille d’œuf. C’est rien et ça change tout, je n’aime pas trop le côté vintage pour une salle de bains. Avec des petits moyens cela fait beaucoup d’effet », précise lemaître des lieux. Rien d’ostentatoire et pourtant… L’amateur qui a la chance d’entrer dans cet appartement repère vite les pièces majeures. Autour d’un sofa chiné aux Puces, retapissé en blanc, trône un fauteuil en cuir de Robert Stadler, un miroir « Océan » des frères Campana, ou encore un surpre-nant lustre de l’Autrichien Franz West. Sur la cheminée, la sinueuse lampe en bronze de Frederik Mo-lenschot, fait face à l’aérienne sculpture lumineuse de Gordijn et Nauta dont les fleurs de pissenlit semblent prêtes à être « soufflées ». On est là au cœur de la philosophie qui anime les deux fondateurs des Carpenters Workshop Gallery. Créé à Londres en 2005 avec Loïc Le Gaillard, leur premier espace s’est rapidement enrichi d’une seconde adresse dans la capitale anglaise pour ensuite s’offrir une belle galerie à Paris dont l’important volume permet de présenter des pièces qui effacent les frontièresentre art et design. Certaines, à l’instar des lustres de Random International, combinent recherches esthétiques et technologiques, tandis que d’autres, comme celles de la maman de Julien, Ingrid Donat, pygmalion de la galerie, évoquent des techniques ancestrales façon Giacometti. Ici, on se laisseporter par ses coups de cœur en prenant soin de ne pas trop s’attacher car tout est à vendre!